Les sources du Nouveau Testament

           Après avoir vu les sources de l’Ancien Testament, nous nous intéresserons cette fois aux sources du Nouveau Testament. Je n’évoquerai pas les nombreuses citations des livres canoniques qui seront abordées dans d’autres articles, mais je parlerai ici uniquement des sources extrabibliques. Nous en verrons trois :

1) les livres extérieurs

2) la tradition rabbinique

3) les sources non identifiées

1)             Les livres extérieurs.

Ce sont des livres qui étaient reconnus comme inspirés par certains Judéens mais qui n’étaient pas acceptés par les pharisiens. « Extérieur » signifie donc en dehors du canon pharisien. Jésus et ses disciples n’étant pas pharisiens pour la plupart, il est normal que ceux-ci utilisent ces livres. J’en donnerai quelques exemples.

« C’est pourquoi la Sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres » Luc 11 : 49

« Je leur enverrai des témoins pour témoigner contre eux, mais ils n’écouteront pas ; et même, ils tueront les témoins ». Jubilés 1, 12

On remarque ici que Jésus cite Jubilés 1, 12 en introduisant par la formule « La Sagesse de Dieu a dit » , ce qui est donc une reconnaissance d’une certaine inspiration de ce livre.

« D’autres subirent les moqueries et le fouet, les chaînes et la prison;   ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités,   eux dont le monde n’était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre.  Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis » Hébreux 11

Ici l’auteur de l’Epitre aux Hébreux, évoque le témoignage en faveur des prophètes persécutés. Pourtant les souffrances énumérées pourraient nous étonner car elles ne renvoient à aucun passage biblique. En réalité l’auteur se réfère aux Vies des prophètes, ouvrages qui nous racontent leurs martyrs. Le terme de « scié » renvoie par exemple au prophète Isaïe.

Nous terminerons enfin par deux passages de l’Epitre de Jude

« Or, l’archange Michel, lorsqu’il contestait avec le diable et lui disputait le corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un jugement injurieux, mais il dit: Que le Seigneur te réprime! » Jude 9

Nous remarquons que ce détail ne se trouve nulle part dans la Bible. En fait Jude tire cette information d’un livre intitulé L’Assomption de Moise.

Et quelques versets plus loin, il cite cette fois un autre livre, Hénoch :

« C’est aussi pour eux qu’Enoch, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes: Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades,  pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d’impiété qu’ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu’ont proférées contre lui des pécheurs impies. » Jude 14-15

« Car Il vient avec ses saintes myriades juger l’univers, faire périr tout impie, confondre toute chaire, pour tous les actes d’impiété qu’ils ont commis et pour les outrages qu’ont proférés contre Lui les pécheurs impies ». Hénoch 1 : 9

2)    La tradition rabbinique

J’avais déjà eu l’occasion de parler du Targum  dans une autre vidéo, et j’en reparlerai certainement plus tard. Je ne m’attarderai donc pas sur ce point ici. En revanche nous pouvons signaler que Paul dans son enseignement peut aussi s’appuyer sur le Midrash. En voici un exemple :

« et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. » 1 Corinthiens 10:4

Un détail devrait attirer notre attention. En effet s’il est bien question d’un rocher (Exode 17 : 6), il n’est dit nulle part dans la Bible que ce rocher suivait le peuple. En fait cette information provient de ce qu’on appelle le « Midrash ». Je présenterai de manière plus détaillée cette littérature dans d’autres articles. Disons simplement qu’il s’agit d’une forme particulière d’exégèse (= interprétation) rabbinique, qui consiste à commenter la Bible en rajoutant des informations.

3)    D’autres traditions non identifiées

Enfin on a parfois des détails non bibliques dont on ne connaît cependant pas la provenance.

« Etienne répondit: Hommes frères et pères, écoutez! Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu’il était en Mésopotamie, avant qu’il s’établît à Charran; et il lui dit: Quitte ton pays et ta famille, et va dans le pays que je te montrerai.  Il sortit alors du pays des Chaldéens, et s’établit à Charran. » Actes 7 : 2-4

On constate ici qu’Etienne situe l’apparition avant la venue d’Abraham à Charran, alors que le texte de la Genèse au contraire la situe à Charran :

« Ils vinrent jusqu’à Charan, et ils y habitèrent.   Les jours de Térach furent de deux cent cinq ans; et Térach mourut à Charan. L’Eternel dit à Abram: Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. » Genèse 11 : 31 – 12 : 1

En fait Etienne suit une autre tradition qu’on retrouve aussi chez deux de ses contemporains : Flavius Josèphe et Philon d’Alexandrie. Deux personnages que nous recroiserons sur ce blog. Autre détail :

« Ils demandèrent alors un roi. Et Dieu leur donna, pendant quarante ans, Saül, fils de Kis, de la tribu de Benjamin » Actes 13 : 21

Remarquons que dans la Bible, la durée du règne de Saul n’est pas mentionnée

La liste n’est pas exhaustive néanmoins à travers ces quelques exemples, nous avons vu que pour mieux comprendre le Nouveau Testament, il est important de prendre en compte la diversité des mouvements judéens à l’époque de Jésus.

 

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23 réflexions sur “Les sources du Nouveau Testament

  1. Nous pourrions citer aussi les écrits intertestamentaires, qui chronologiquement empiètent donc à la fois sur les limites du premier, et du deuxième Testament. Pour la pluspart, outre les Jubilés et Henoch, ils peuvent être rapportés à la « secte de la nouvelle alliance », en référence soit aux écrits des Esséniens, soit aux découvertes des manuscrits de la Mer morte. Ces écrits peuvent être éclairants pour l’intelligence de l’Ancien Testament qu’il prolonge et pour celle du Nouveau qu’il annonce.Pour rappel, ces manuscrits furent découverts dans une grotte du désert de Judas. Les Bédouins qui les avaient trouvés par hasard en vendirent une partie à un écclésistique jacobite, qui les vendit à son tour à des Américains, et une autre partie fut acquise par l’Université hébraïque de Jérusalem. Cependant, parmis ces fragments, la prudence s’impose sur leur origine. D’aucuns les attribuent aux Qaraïtes, au mépris de ce qu’enseignent l’arhéologie et la paléographie, ou à des judéos-chrétiens. Des exégètes moins audacieux se refusent à voir dans les textes originaux ou « pseudépigraphiques » copiés à Qoumrân des productions sectaires et pensent que les grottes du désert de judas n’auraient receuilli rien de moins que la bibliothèque du Temple de Jérusalem.
    L’hypothèse qui recueille aujourd’hui le plus d’assentiments est celle qu »André Dupont-Sommer a avancé le premier, dés 1950: les sectaires de Qoumrân sont des Esséniens. Pline l’ Ancien, au premier siècle de notre ère, signale que les Esséniens vivent non loin de la mer Morte au nord d’Enggadi, ce qui correspond à la situation de Qoumrân. Il les dépeint comme des ascètes renonçant à l’argent et au mariage. Flavius Josèphe est plus précis sur les usages des Esséniens dans la longue notice qu’il leur consacre (Guerre juive, II, 8 -2;13-). Il signale leur mépris des biens matériels, leur ascétisme, leur mysogynie allant pour certain jusqu’au au refus du mariage, leur vie cénobitique, le partage des biens, leurs habitudes de prière, leur extrème souci de pureté, leur charité, leur goût de l’étude, leur initiation par degrés, leur soumission aux anciens et à une stricte hiérarchie. Parlant de leur croyances, ils s’efforce
    e les conformer à celles des spiritualistes grecs, les Pythagoriciens en particulier, et il note enfin qu’ils se font une spécialité de prédire l’avenir. Quelques savants, Elie Benamozegh, Kaufmann Kobler, ont pressenti que l’éssénisme pouvait être le lien entre la littérature mystique juive et les pseudépigraphes gardés par les chrétiens.

    Cependant, vigilance!!! Cette description plus haut ne reflète pas l’enseignement du Christ. Loin s’en faut. Parmi de nombreuses contradictions, nous pourrions nous arrêter sur la considération par Jésus de la condition féminine.
    Les Esséniens étaient obsédés de pureté. Portée à son paroxysme, elle s’enferme jusqu’à l’encratisme, révélé dans le texte: « les pièges de la femme ».
    Quelques extraits de Fréréric Lenoir, de son ouvrage « Le Christ philosophe »:
    -A l’époque de Jésus, les femmes qui ne bénéficiaient pas d’une tutelle masculine sont mises au banc de la société…quant aux prostituées et aux étrangères, considérées comme impures, elles ne peuvent même pas bénéficier de la charité publique que la Loi mosaïque impose d’exercer, mais uniquement en direction des purs par
    mi le peuple d’Israël. Jésus passe outre à ces considérations et les accepte toutes à ses côtés. La liberté que les femmes acquièrent auprés de Lui est tout à fait naturelle, puisqu’à ses yeux, elles sont les égales des hommes. C’est une Cananéenne, donc une étrangère, qui ouvre à l’universalité en Lui demandant de guérir sa fille. (Matt 15,-22;28-)C’est à une autre étrangère, la Samaritaine, cinq fois divorcée et vivant en conccubinage, qu’Il livre l’un de ses plus importants enseignements (Jean4,-5;30-). Il lui parle alors qu’ils sont seuls, transgressant les conventions. Les évangiles affirment que c’est encore à une femme, Marie de Magdala, que Jésus apparaît pour la première fois aprés sa passion et c’est à elle d’annoncer la nouvelle de sa résurrection à ses disciples qui se terrent. Elle est l’apôtre des apôtres. …./…..Parce que chacun est capable de discernement, Il demande le remplacement des impératifs des règles religieuses préétablies par la responsabilisation de l’individu: « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme, mais ce qui sort de sa bouche ».(Matt15-11-). Il oppose les strictes lois de pureté alimentaire à elles, encore plus exigentes, d’une éthique personnelle. La Loi de Jésus transcende les normes religieuses t sociales au profit d’un appel à la conscience individuelle. Elle est selon le Christ, la liberté de choix suprême que Dieu offre aux hommes: partie, et revenir ensuite s’ils le veulent, en sachant que dans ce cas, ils seront toujours accueillis, jamais jugés ni condamnés…../….Dans son sermon sur la montagne (Matt 5-7-), Jésus s’oppose sur certains points à la Loi des anciens, ou à leur interprétation, et n’a pas de mots assez durs contre l’hypocrisie religieuse. Il remplace la Loi du talion par celle de la main tendue, et à l’amour du prochain Il ajoute celui de l’ennemi. Il s’élève contre l’ostentation dans l’attitude des religieux et appelle, au contraire, à la prière dans le secret…../….
    _______________________________________
    Dans la perspective de l’étude des textes du Nouveau Testament, voici les différents éclairages de la bonne Nouvelle:
    -Evangile selon Matthieu.

    Celui-ci s’adresse surtout à des lecteurs d’origine Juive, montrant comment Jésus s’inscrit dans la continuation de l’histoire d’Israël. Il est Celui en qui s’accomplit tout ce qui était annoncé dans la Loi de Moïse et dans les Ecritures saintes. C’est aussi le Sauveur promis à tous ceux qui souffrent. Il est aussi Celui qui « sauvera son peuple de ses péchés » (Matt 1-21-). Mais n’étant pas reconnu par son peuple, au regard de la foi profonde qui est témoignée par les non-Juifs, Il est conduit à briser les frontières entre Israël et les autres peuples. (Matt 8-5;13-,15-21;28-). Aprés sa réssurection, Jésus envoie ses disciples auprés des gens de toutes nations (Matt 28-18;19-).

    -Evangile de Marc.

    Le plus court des quatre, sans doute le plus ancien. Ecrit pour les non-Juifs, auxquels les coutumes sont expliquées. Marc met en lumière l’importance des évènements de la vie de Jésus comme sa mort et sa résurrection. Tout son Evangile est orienté vers cette conclusion. Dés le premier verset, il Le présente comme le Fils de Dieu. Mais c’est seulement avec sa mort que se révèle tout le sens de cette expression, peu comprise par ses disciple de Son vivant, proclamée en premier par l’officier romain: « Cet homme était vraimant le Fils de Dieu » (Marc15-39-).

    -Evangile de Luc.

    Il s’adressait à l’origine surtout à des non Juifs de milieux cultivés, parlant le Grec. Soucieux d’apporter aux communautés de son époque un enseignement authentique et fiable sur Jésus et le salut qu’Il apporte. Composé dans un récit suivi, il est le seul à mentionner le contexte historique de la naissance de Jésus. Il montre comment il vit pauvrement et dans le dénuement, comme ceux à qui Il apporte la Bonne Nouvelle: les pauvres et les méprisés.

    Evangile de Jean.

    S’adresse à des communautés chrétiennes qui se détachent du judaïsme auquel elles se setaient liées jusqu’alors. Comparé aux autres, il apporte peu d’évènements de la vie de Jésus. Mais il leur accorde une importance particulière, mettant l’accent sur un enseignement approfondi. Le prologue en forme de poème, Le présente comme la Parole éternelle de Dieu qui se fait homme et vient vivre avec les humains. Il est parmi eux la présence de la vie, de la lumière, et de la vérité de Dieu. Dés le début de son Evangile, Jean décrit comment la gloire de Dieu transparaït dans la vie de Jésus. L’auteur regarde même la mort sur la croix à la lumière de la resurrection, car elle signifie pour Jésus le retour vers son Père (Jean13-3-; 16-28-; 17-4,5-), l ‘élévation à la gloire, et le pouvoir d’accorder la vie éternelle à tous ceux qui croient en Lui. (Jean3-14,16- 8-28- 12-32-). A travers la cruxifiction et la resqurrection Il apporte le salut à tous.

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  6. J’ai lu ton lien… Que veux-tu dire par « Si, la Bible est inspirée. Mais pas nécessairement comme les modernes ou les contemporains le comprennent. » Tu parles de l’inerrance absolue prêchée par les protestants ? Il faudrait se référer plutôt à la vision catholique ?

    Pour ma part, je ne sais que penser, mais je ne crois pas dans la Genèse…

    Merci pour ta réponse.

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      • Je ne crois pas dans l’histoire de la création, je ne crois pas dans l’existence d’Abraham, j’ai de sérieux doutes sur l’existence de Noé.

        Je préfère l’interprétation catholique au sujet de la Création… En fait, comme on ne peut savoir ce qui est vrai ou pas, je pense que cela doit amener à rester humbles. Les évangéliques s’en prennent à la tradition catholique alors qu’eux aussi ont des doctrines fondées sur des passages dont on n’est pas sûr.

        J’ai bien du mal avec l’inerrance totale…

        J’ai une question si vous avez étudié ce point : la Bible dit-elle réellement que le st Esprit vient dans le coeur des chrétiens, ou ne serait-ce pas plutôt un genre de guide extérieur capable de souffler aux « oreilles » des chrétiens ?

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  7. En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit.
    Ephésiens 2

    Votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu. Vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes.
    1 Corinthiens 6

    Christ habite dans vos coeurs par la foi; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons, lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Ephésiens 3

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    • Merci Sourire. En fait, je voulais demander si les traducteurs ne s’étaient pas trompés, car je me questionne vraiment sur la présence de l’Esprit dans les chrétiens… Je veux bien croire qu’il influence, mais j’ai beaucoup de mal à l’imaginer dans nos coeurs, avec tout ce dont nous sommes capables…

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      • De mon coté, je crois justement qu’il y a les chrétiens qui ont Christ dans leur coeur et … les religieux qui connaissent la bible, s’adressent à Dieu, parlent de Dieu (les pharisiens des évangiles étaient les plus ‘chrétiens’ de leur époque, ceux qui respectaient tous les principes bibliques, mais combien souvent Jésus les fustigera) Un Jean-Baptiste, par contre, qui avait le Saint-Esprit, était un des seul qui comprenait qui était Jésus … et il se comportait ‘en chrétien’- Aller à l’église, se faire baptiser, prier, lire la bible, etc, ne rend personne chrétien. Par contre, recevoir Jésus dans son coeur, même hors de toutes ‘pratiques chrétiennes’ …

        Dans les pays où la foi chrétienne se vit underground, où il n’y a aucune culture judéo-chrétienne, aucune église, mais juste des chrétiens, ces derniers ont connu Dieu en perso… c’est à dire en DIEU et eux sont près à être bannis de leur société, de leur famille, et même à se faire emprisonné pour leur foi. Ils ont découverts tellement plus, que ce que nous européens vivons en pointillé …

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      • Peut-être, mais ce que je demande, ce n’est pas si les gens sont convertis ou pas, c’est si les traductions sont exactes quant à la présence du st Esprit dans les coeurs. Supposons qu’une personne soit convertie, très avancée dans sa foi, etc., est-on sûr que pour autant elle a l’Esprit en elle ? Ne se pourrait-il pas que l’Esprit ne soit qu’une force ou une personne extérieure qui « souffle à l’oreille » ?

        Personnellement, je ne me fie pas trop aux traductions de la Bible, d’où ma question… Et on sait que la langage biblique ne correspond pas exactement au nôtre, il est davantage imagé, etc. Donc on peut se demander si la présence de l’Esprit dans les coeurs n’est pas une façon de parler, ceci sans remettre en cause l’idée de conversion.

        Je le dis, je ne crois pas vraiment dans la Bible sur différents points : je ne crois pas que la Genèse doive être pris au pied de la lettre (Adam et Eve, Noé, Abraham, peut-être Moïse), je ne crois pas que Job ait existé (même s’il est mentionné par Jacques), il semblerait que l’AT ait été mal traduit, etc. Sans compter le choix des livres… Alors, pour le St Esprit, je ne sais que penser…

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  8. Oui, les hébreux n’étaient pas dualiste.
    Avoir faim et soif de justice, être consolé du lait des consolations de Dieu, Jésus source d’eau vive …
    L’esprit n’est pas une personne mais un esprit. Il est l’esprit de Dieu, l’esprit de Christ.
    Et lorsqu’il vient habiter nos cœurs (avec Christ, avec Dieu le père) nous sommes transformé de l’intérieur …

    Après, les mots réduisent très souvent les notions, et même Dieu.
    Je ne sais pas si tu as déjà essayé d’expliquer ce que tu vois à un aveugle … un couché de soleil par exemple … nos mots ne peuvent pas transmettre ce que nous voyons à une personne aveugle … ou ce que nous entendons à un sourd … tout comme, nous ne pouvons pas réduire Dieu par quelques mots …

    Se convertir, c’est soudain voir …

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  9. Bonjour Gronde,

    Les traductions sont toujours approximatives et subjectives, néanmoins cela concerne des détails. Dans l’ensemble le message est bien le même et traduction ou pas, cela ne change pas le sens général.

    Personnellement pour Abraham je n’ai aucun mal à admettre son existence puisque jésus le mentionne.

    Concernant tes questions, je te conseille cet article :

    https://philochristos.wordpress.com/2013/03/06/lhermeneutique-dorigene/

    Chez les théologiens, le littéralisme absolu est une invention moderne.

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    • Jésus peut très bien mentionner un personnage sans que cela prouve son existence, de la même manière que je peux mentionner Adam et Eve et le péché originel, à titre d’exemple, sans croire un instant à leur existence.

      A propos du littéralisme absolu, tu parles là du fondamentalisme ? Je ne sais si c’est moderne (à quand fais-tu remonter cette modernité ?), mais j’ai l’impression que c’est très évangélique, peut-être même apparu avec les mouvements évangéliques. Et sous ce terme, tu englobes la croyance en la Création en 6 jours ?

      Entendons-nous bien, je ne dis pas qu’il est impossible à Dieu de créer l’Univers en 6 jours, je dis que je ne crois pas que la Genèse soit à prendre au pied de la lettre. L’Eglise catholique a énormément changé sur ce point d’ailleurs, et je suis d’accord avec elle. Tout nous démontre aujourd’hui que la Terre n’a pas moins de 7 000 ans. Cela ne remet pas en cause l’inspiration de Ecritures, ça ne la remet en cause que si l’on confond inspiration et description scientifique.

      Je vais lire ton lien.

      Merci.

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  10. « Jésus peut très bien mentionner un personnage sans que cela prouve son existence, de la même manière que je peux mentionner Adam et Eve et le péché originel, à titre d’exemple, sans croire un instant à leur existence. »

    Tout à fait. Mais sa manière de le mentionner, me fait penser qu’il le considérait réellement comme un personnage historique.

     » A propos du littéralisme absolu, tu parles là du fondamentalisme ? Je ne sais si c’est moderne (à quand fais-tu remonter cette modernité ?) »

    Moderne au sens historique. En gros le 16e siècle, même si le terme de fondamentaliste est plus tardif (19 ou 20 ème siècle).

    « mais j’ai l’impression que c’est très évangélique, peut-être même apparu avec les mouvements évangéliques. »

    Pas exactement. C’était aussi la position officielle de l’Eglise catholique avant Vatican II.

    « Et sous ce terme, tu englobes la croyance en la Création en 6 jours ? »

    Oui c’est même une forme extrême. Mais on peut être fondamentaliste, sans nécessairement croire que la Terre a été créé en 6jours.

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    • Donc au Moyen Âge, on était plus « modéré » sur l’interprétation de la Bible ?

      Tu penses que quand Paul compare Jésus à Adam, il ne croit pas en l’existence de ce dernier?

      En tout cas, j’apprécie de découvrir ce blog. J’ai du mal avec les interprétations fondamentalistes (et certains prennent cet adjectif pour un titre de gloire) qui méconnaissent les réalités scientifiques. Elles décrédibilisent la Bible, Bible dont je conteste l’infaillibilité.

      Sur les grands sujets (valeurs, conversion, etc.), je crois en la Bible. Pour son exactitude historique, non. La confusion entre inspiration et exactitude historique me gêne…

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      • Bonsoir Gronde,

        Pour Paul c’est probable, mais je ne pense pas que ce soit le plus important.
        A l’occasion, je développerai ma vision des choses sur cette question.

        Pour le Moyen Age, je connais moins, il faudrait que je me renseigne. En tout cas, ce qui est sur, c’est que durant l’Antiquité, les chrétiens étaient très loin du fondamentalisme.

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