Pourquoi chrétien plutôt que protestant ?

        Habituellement on divise le christianisme en trois grandes dénominations : catholique, protestante et orthodoxe (bien qu’en réalité ce terme regroupe des Eglises différentes). Ceux qui ont regardé ma vidéo de présentation auront pourtant constaté que, bien qu’issu d’une famille protestante, je ne me définis plus comme « protestant » mais simplement comme « chrétien » (éventuellement évangélique). Dans cet article, je compte expliquer les raisons de choix.

La règle de Basile

          La première raison est liée à ce que j’appelle « la règle de Basile ». J’aurai certainement l’occasion d’en reparler plus longuement dans un prochain article, mais pour résumer disons simplement que Basile de Césarée explique que lorsque l’on parle de Dieu, il faut éviter d’utiliser des termes non-bibliques. Or comme vous aurez pu le remarquer, le terme de « protestant »  n’apparait dans aucun passage des Ecritures, contrairement au terme de « chrétien » :

« Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens. » Actes 11:26

 Une objection ?

       L’objection la plus courante à cette idée est de dire que le terme de « chrétien » est trop vaste, qu’il peut désigner tout et n’importe quoi, qu’il a pu être dans l’histoire mal utilisé. Il faut donc être plus précis.

        Certes mais le terme de protestant n’arrange en rien le problème : il regroupe à la fois des Eglises libérales qui sont parfois dirigées par des évêques ouvertement homosexuel(le)s et des Eglises fondamentalistes qui veulent lapider ces mêmes homosexuel(le)s. Des Eglises qui ne croient plus en la résurrection physique de Jésus, ni à ses miracles et des Eglises qui pensent que la Terre a été créée en 6jours de 24heures, il y a moins de 6000 ans. Bref, tout et son contraire. A partir de là, on entre dans une fuite en avant infinie où il faut toujours inventer de nouveaux termes. D’où les centaines de dénominations protestantes.

         Autant donc rester sur une base biblique, et se réapproprier les termes que « l’ennemi » a pu voler. Nous nous revendiquons chrétiens, car nous sommes disciples du Christ.

 Tradition catholique et Tradition protestante

        Deuxièmement, je refuse de me laisser enfermer dans une «Tradition protestante ». En effet, on oppose souvent le catholicisme, dont la théologie est fondée sur l’Ecriture et la Tradition, au protestantisme dont la théologie serait uniquement fondée sur l’Ecriture. En réalité il n’en n’est rien et le protestantisme a lui aussi développé sa propre Tradition, liée à un contexte historique. Il n’y pas de plus redoutable ennemi que celui qu’on ne voit pas et la Tradition est d’autant plus dangereuse qu’elle est niée. En  effet si les dénominations historiques (catholique et orthodoxes) assument parfaitement le fait de recourir à une Tradition, le protestantisme prétend se fonder uniquement sur l’Ecriture. Pourtant il a fini par développer un certain nombre de doctrines, imposées (parfois inconsciemment) comme des dogmes, déclarant que telle position était catholique et telle position était protestante et refusant tout réexamen à partir des Ecritures.

 Une contradiction de base

         Mais surtout le protestantisme repose sur une contradiction interne: le sola scriptura.

         Dans le protestantisme, toute la théologie doit être fondée sur « l’Ecriture seule », c’est-à-dire la Bible. Cependant un problème de fond se pose : les deux éléments principaux, n’ont eux-mêmes aucun support biblique.

      Utiliser la Bible comme fondement suppose en effet deux choses : avoir une Bible définie et pouvoir l’interpréter. Or ces deux points ne peuvent précisément pas être définis à partir des Ecritures.

     Les protestants admettent un canon biblique de 66 livres avec comme Ancien Testament le Texte Massorétique. Cette tradition protestante n’est en réalité rien d’autre qu’un mélange de la tradition pharisienne (tendance hillelite) pour l’Ancien Testament et de la tradition romano-alexandrine pour le Nouveau Testament. Mais aucun verset des Ecritures ne peut l’appuyer en donnant une liste précise des livres bibliques, ni même la version à utiliser. Au contraire si on observe méticuleusement le Nouveau Testament, on s’aperçoit que les auteurs bibliques n’hésitent pas à utiliser des livres « non-canoniques » et préfèrent largement la Septante au Texte Massorétique.

        Le deuxième fondement est l’interprétation. Beaucoup de gens, ont tendance à l’oublier mais entre la Bible et la doctrine qui en découle : il y a l’interprétation. Qui dit interprétation, dit « règles d’interprétation » (herméneutique, dans un langage un peu barbare). Or là encore ces règles d’interprétation n’ont aucun fondement biblique et dépendent uniquement de la mentalité des individus. Mentalité qui évolue avec le temps. Les règles d’interprétation des théologiens modernes, ne sont donc pas les mêmes que celles des théologiens antiques.

 Conclusion

       Pour toutes ces raisons, je ne me définis plus comme « protestant », mais simplement comme « chrétien ». Ce blog se veut donc un lieu de réflexion sur le christianisme en général, sans se laisser enfermer dans une dénomination particulière et sans condamner a priori une position qui ne correspondrait pas à la « tradition » à laquelle nous sommes habitués.

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14 réflexions sur “Pourquoi chrétien plutôt que protestant ?

  1. J’entends bien. Et dans la vie de tous les jours, le lambda qui, au détour d’une conversation, voudrait simplement dire qu’il est chrétien….(car, à moins de serrer de prés les cercles « philosophico-religieux »!, le commun de nos frères humains vont synthétiser notre appellation.
    Et comment? tout simplement en nous cataloguant catholique. Aussi simple que ça.

    Y’a pas photo.
    alors, par honnêteté religieuse et intellectuelle, il faudrait entrer au moins dans quelques incontournables et fondamenteurs points:

    « À la loi et au témoignage! Si l’on ne parle pas ainsi, il n’y aura point d’aurore pour le peuple. » ( Ésaïe 8.20) La Parole de Dieu est donnée au croyant comme sauvegarde contre les faux docteurs et les esprits séducteurs. Satan se sert de tous les moyens pour empêcher les gens de se familiariser avec les Écritures, dont les déclarations claires et précises dévoilent ses desseins. Chaque réveil du peuple de Dieu est marqué par un redoublement d’activité de la part de l’ennemi. Il rassemble maintenant ses dernières énergies pour un assaut final contre le Christ et Ses disciples. La grande et suprême séduction est imminente. L’antichrist va opérer ses plus grands prodiges sous nos yeux. La contrefaçon sera si parfaite qu’il ne sera possible de la démasquer que par les Écritures. C’est, en effet, par ces dernières qu’il faut éprouver la nature de chaque déclaration et de chaque miracle.

    Le premier et le plus important devoir de tout être raisonnable, c’est d’apprendre par les Écritures ce qu’est la vérité; c’est de marcher dans la lumière, et d’encourager ses semblables à faire de même. Nous devons chaque jour étudier la Bible avec diligence, nous arrêtant avec soin sur chaque pensée et comparant les versets entre eux. Avec l’aide de Dieu, nous acquerrons ainsi des opinions personnelles, sans perdre de vue que nous devrons en répondre personnellement devant Dieu. Ellen White.

    Différences entre catholiques et protestants

    Les catholiques ont trois choses que les protestants n’ont pas :
    Un homme, une femme, une chose.

    * Un homme : le pape qui a le droit de décider ce qu’il faut croire, la morale qu’il faut suivre. Il peut exclure ceux qui pensent autrement que lui. Il a aussi une « hiérarchie » avec des évêques qui ont des pouvoirs exorbitants.

    * Une femme : Marie qui est le symbole central de la valorisation de la virginité et d’une certaine idée de la « pureté » absente du monde du travail, de la sexualité, de l’action politique et sociale.

    *Une chose : la messe qui est le symbole central de « sacrements » surnaturels ayant la puissance en eux-mêmes de faire intervenir le monde du « sacré » dans la réalité quotidienne (« sacré » de l’hostie, du sacerdoce des prêtres, de l’indissolubilité du mariage, du pouvoir de « pardonner » etc).

    Tout ceci n’a rien à voir avec la Bible que les catholiques
    lisent comme les protestants.

    Les protestants organisent leurs églises de façon démocratique. Ils ne prennent pas l’institution écclésiale pour la 4ème personne de la trinité. D’un point de vue théologique, l’église n’est pas une personne morale douée d’une quelconque sainteté .

    Ils n’ont pas de clergé au sens où les pasteurs ne sont pas des intermédiaires entre Dieu et les hommes ; leur fonction ne leur donne pas de pouvoirs spéciaux. Dans la plupart des églises protestantes, au moins en Europe, les femmes sont admises au ministère.

    Les pasteur(e)s sont mariés.

    L’office dominical se nomme « le culte » à peu près partout

    la doctrine chez les protestants:

    Toute la gamme de doctrines du christianisme se retrouve dans les protestantismes depuis les églises évangéliques jusqu’aux réformés libéraux.

    Les doctrines des protestants sont fondées sur la Bible et son interprétation constamment actualisée ; chez les catholiques, le Magistère ordinaire (le concile) ou extraordinaire (l’infaillibilité pontificale) et les conciles sont les seuls habilités à dire la doctrine) . Chaque protestant, dit-on plaisamment, est pape la Bible à la main.

    Ainsi, chez les protestants:

    C’est le libre examen :

    l’encouragement d’ une liberté de conscience éclairée par des connaissances factuelles dans la lecture de la Bible.

    ne sont reconnus comme « saints » que les personnages bibliques, auxquels aucun culte particulier n’est rendu et aucune intercession particulière ne leur est reconnue.

    Les sacrements

    Deux sacrements seulement, vu que seuls 2 sont indiqués dans le nouveau testament : le baptême et la Cène.

    le salut

    Et

    Les œuvres:

    les « oeuvres » ne servent à rien POUR obtenir le salut,

    •elles sont nécessaires en tant qu’action de grâce pour un salut déjà donné. Elles sont nécessaires PARCE QU’IL y a déjà eu salut ce qui concerne les doctrines du salut, la plupart des protestantismes considèrent que seul Dieu décide qui est sauvé ou pas.

    Au contraire ,les Catholiques rejettent la doctrine de la « Sola Scriptura » (l’Ecriture seule) et ne croient pas que la Bible seule est suffisante. Ils croient que la Bible et la tradition catholique sacrée ont une autorité égale sur le chrétien. Beaucoup de doctrines catholiques, telles que le purgatoire, la prière aux saints, l’adoration ou la vénération de Marie, etc. n’ont aucune base dans les Ecritures, mais sont uniquement fondées sur des traditions catholiques. Particulièrement, le rejet de la « Sola Scriptura » par l’Eglise catholique romaine et son insistance sur le fait que la Bible et sa « tradition sacrée » sont d’autorité égale, constituent une atteinte à la suffisance, à l’autorité et à la perfection de la Bible. La considération des Ecritures est à la base de la plupart, sinon de l’ensemble des différences entre Catholiques et Protestants
    ____________________________________________________________________________________________________

    Une autre différence majeure, mais étroitement liée à la précédente, entre le Catholicisme et le Protestantisme concerne l’œuvre et l’autorité du Pape. Selon le catholicisme, le Pape est le « Vicaire de Jésus-Christ » (un vicaire est un remplaçant), et occupe la place de Jésus comme la tête visible de l’Eglise.

    les enseignements du pape sont considérés comme infaillibles et obligatoires pour tous les chrétiens. D’autre part, les Protestants croient qu’aucun être humain n’est infaillible, et que seul Christ est le chef de l’église. Les catholiques s’appuient sur la succession apostolique pour essayer de justifier l’autorité du Pape. Mais les Protestants croient que l’autorité de l’église ne provient pas de la succession apostolique, mais plutôt de la Parole de Dieu.

    Le pouvoir et l’autorité spirituels ne reposent aux mains d’un simple homme, mais dans la Parole de Dieu consignée dans les Ecritures. Bien que le Catholicisme enseigne que seule l’Eglise Catholique est capable d’interpréter correctement la Bible, les Protestants croient que la Bible enseigne que Dieu a envoyé le Saint-Esprit pour habiter dans les tous croyants nés de nouveau, leur permettant ainsi de comprendre le message de la Bible

    Une troisième différence majeure entre le Catholicisme et le Protestantisme concerne la manière dont nous sommes sauvés. Un autre des « Cinq Solas » de la Réforme est la « Sola Fide » (la foi seule), qui est une affirmation de la doctrine biblique selon laquelle la justification n’est possible que par la grâce seule au moyen de la foi seule par Christ seul. (Ephésiens 2:8-10). Cependant, selon le Catholicisme romain, l’homme ne peut être sauvé uniquement par la foi en Christ seul. Ils enseignent que le chrétien doit compter sur la foi plus les « œuvres méritoires » pour être sauvé.

    Les Catholiques et les Protestants sont également en désaccord sur le sens de la justification devant Dieu et la manière de l’obtenir. Pour le Catholique, la justification est le fait d’être rendu juste et saint, mais ils croient que cette justification doit se recevoir continuellement par le biais des sacrements de l’Eglise de Rome.

    Naturellement, cette perception de la justification contredit l’enseignement clair des Ecritures dans des passages tels que Romains 4:1-12 ; Tite 3:3-7 ; Eph 2.8-9 et bien d’autres qui nous montrent que la justification s’obtient par la foi seule.
    Bien que reconnaissant l’importance des œuvres et de l’obéissance aux ordonnances des Ecritures, les Protestants croient qu’elles sont le résultat ou le fruit du salut et non un moyen de salut. Les catholiques mélangent la justification et la sanctification dans un même processus continu, ce qui fait naitre des confusions quant à la manière dont nous sommes sauvés.
    ————————————————————————————–
    Alors, entre la poire et le fromage, ça va être peu digeste de rentrer dans ces considérations.
    A moins de se positionner, loin des syncrétismes empoisonnés, comme d’appartenance protestante, tout en en reconnaissant ses dérives, comme dans toute religion que les hommes ont développés, seul Dieu a donné l’Evangile…

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    • Bonjour mag,

      Tu soulèves sur la sanctification, une question très intéressante à laquelle je réfléchissais justement assez récemment. Je ne vais pas rentrer dans les détails dans le cadre d’un commentaire qui risquerait de faire dériver les posts en hors sujet, mais je pense écrire un article sur ce sujet. On aura l’occasion d’en rediscuter à ce moment 🙂

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  2. Tu me perds de plus en plus David. Je m’inquiète vraiment pour toi.

    Comme « chrétien » est encore plus flou que « protestant » je suis sûr que tu as l’impression de gagner au change. Mais je t’assure que tu es sur une voie de garage.

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    • Bonjour Stéphane, merci pour ton intervention. N’hésite pas à plus détailler les points que tu esquisses.

      Je pense que le paragraphe « objection », répond (au moins en partie) à ta remarque. Je ne crois pas que « protestant » soit moins flou que chrétien. En revanche je constate que le deuxième terme à l’avantage d’avoir un appui biblique contrairement au premier.

      Si tu as des doutes, tu peux consulter quelques confessions de Foi produites par des Eglises Réformées (ou maintenant « Eglise protestante unie »). Je pense très sincèrement qu’on sort même ici du christianisme.

      Ce n’est pas un hasard si en France, au lieu d’intégrer la FPF, beaucoup d’évangéliques ont préféré créer une structure à part (le CNEF).

      La volonté de certains évangéliques de se revendiquer « protestant », relève à mon sens plus d’une quête identitaire personnelle. Bien souvent la plupart n’ont même aucune connaissance exacte de qui étaient les Réformateurs ou de ce qu’ils ont pu écrire.

      Par manque de temps, je n’ai pas encore pu lire complètement leurs oeuvres, mais j’ai déjà été surpris, avec le peu que j’ai lu, du décalage entre l’idée qu’on se fait d’eux et ce qu’ils pensaient réellement (par exemple sur le rapport de Martin Luther à la Bible)

      Je compte d’ailleurs faire un article à ce sujet.

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  3. Bonjour,

    Tu dis que le mot a été « volé par Satan », disons pour un usage corrompu et apostate donc qu’il conviendrait de se le réapproprier car il est au moins biblique.
    Le souci dans ta démarche quoique véridique, c’est que les autres ne rentrent pas en eux même comme toi tu l’a ou le fais.
    Certes, tu connais les écritures, tu sondes les choses, tes yeux voient et comprennent mais eux, ils demeurent dans leur aveuglement et tu auras beau être te qualifier être un chrétien dans la définition pure du terme au iota près de l’écriture en ta conscience, que eux même ils te verront selon leur lumière ( pour ne pas dire ténèbres) qui est en eux !

    Au final, les mots mêmes semblent ne plus avoir de poids et de réalité dans cette société tant ils ont été trempés dans l’apostasie.
    De sorte que j’en suis arrivé à dire que le véritable nom à porter est le nom inscrit dans le témoignage qui devrait se passer de noms prédéfinis ou d’une appartenance à une dénomination mais devrait plutôt se reposer non seulement dans l’intelligence de la révélation de l’écriture, savoir la parole ou l’écrit qui éclaire, mais encore en une démonstration dans une puissance de conviction par le Saint-Esprit qui délivre lors de la lecture ou de l’écoute. Comme lors de la prédication des premiers apôtres et disciples de Christ, où le Seigneur confirmait sa parole(la parole de ses envoyés) par les miracles qui se manifestaient ou l’accompagnaient.

    Celui qui lit et écoute se devant d’être convaincu par le Saint-Esprit,sinon nous aurons courus en vain et ce témoignage selon moi, va au-delà de toute chose car il n’est pas inscrit sur ou dans un mot, mais bien dans les cœurs car celui que Dieu envoie dit les paroles de Dieu et cette parole manifeste aussi l’œuvre de Dieu dans les cœurs de ceux qui entendent.

    Ainsi se feront/font reconnaitre les véritables envoyés du Père.

    Bien à toi !

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    • Bonjour Shor,

      Ta remarque est très pertinente, il est en effet important de prendre en compte la compréhension de l’autre. Néanmoins je pense qu’il est quand même nécessaire de reconquérir certains termes (« progressiste » par exemple), tout en faisant attention , bien évidemment de ne pas créer de confusions.

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  4. David sur une voie de garage ? Au contraire, Stéphane! Grâce soit rendue à Dieu pour la relève qu’Il envoie en la personne de David! David arrive aux mêmes conclusions que nous (*) sur la quasi-totalité des sujets qu’il aborde (La Septante, la foi et les oeuvres, les « dénominations », etc.). Lisez par exemple les derniers articles de http://bibletude.blogspot.com

    Bravo David! Continuez sur cette voie (en fait : La Voie…!)

    (*) nous, après des années! Lui est jeune…

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  5. Salut, je ne suis pas persuadé que l’on puisse être chrétien sans être sous une certaine influence, même inconsciente, et même face à la lecture de la bible, la façon dont tu interpréteras un passage sera influencé par des convictions ou idées catho, protestant ou autre…
    Tu ne peux pas avoir une lecture vierge de toute influence, c’est pas possible.

    Si tu étais issu d’une famille catho par exemple, tu mettrez plus l’accent sur les traditions et rites que tes pères t’aurait enseigné, tu regarderais marie différemment,.

    Encore une fois comme je t’en ai parlé sur « Antéchrist ou Antichrist … », c’est « L’esprit » qui t’anime qui est important pas l’étiquette, et donc face à un catho (par exemple encore), cette liberté que tu prétends avoir n’est autre que celle d’un protestant, ou d’un membre du secte protestante quelconque (prendre le mot sectaire pas dans un sens péjoratif, mais le lire comme « une branche »).

    Attention, c’est très bien d’être libre, car la plus part des religions te disent libre, mais au seins de la dite religion, c’est à dire ils diront : « tu es libre de surtout penser comme nous, et si tu n’y parviens pas, c’est que tu as un problème, etc. »

    Alors ok t’es chrétien, mais avec un réflexion et une attitude plutôt protestante, en tout cas c’est ce qui se dégage de tes articles et posts.

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    • Bonjour Caleb,
      Je suis entièrement d’accord avec toi. En particulier ta remarque sur la « lecture vierge » est quelque chose que je repète constamment car beaucoup de personnes ont du mal à le comprendre et pensent qu’il est possible de lire la Bible sans être influencé. Au contraire je pense que le meilleur moyen d’être objectif, n’est pas de faire abstraction de toutes les traditions, mais au contraire d’avoir le maximum d’avis de personnes de cultures et d’époques différentes sur un même texte.

      Etre simplement « chrétien » ne veut pas dire que je suis au centre, libre de toute influence. Simplement je ne me laisse enfermer dans aucune catégorie préconçue, je m’explique :
      La principale différence entre le protestantisme et les autres confessions historiques est l’ecclésiologie, puisque théoriquement le protestantisme ne fait pas de distinction entre clergé/laic (dans la pratique, il y a de sérieuses nuances). En ce sens, il ne connait pas une institution ecclésiale aussi développée que les autres confessions. Or sur ce point, je rejoins l’idée protestante, ce qui fait qu’extérieurement, je peux facilement être classé comme tel.

      Néanmoins cela ne veut pas dire que je suis nécessairement d’accord avec tous les dogmes protestants. Je vais prendre deux exemples concrets :

      -Pour la plupart des protestants c’est une évidence que la Bible est composée de 66 livres, même si comme je le souligne dans cet article, cela ne repose sur aucun passage biblique. Or c’est une idée avec laquelle, je ne suis absolument pas d’accord, et je trouve dommage d’exclure certains livres comme celui de la Sagesse (voir par exemple mon article :https://philochristos.wordpress.com/2012/10/28/une-prophetie-messianique-oubliee-la-condamnation-du-juste/)

      -Un autre point important est la conception du sacrifice de Jésus-Christ. Le protestantisme sur ce point n’a fait que reprendre (et même aggraver) la conception judiciaire développée par l’Eglise catholique romaine. D’où l’importance de la doctrine de la « substitution pénale ». Or c’est une vision que je ne partage absolument pas, et sur ce point je rejoins plutôt la conception orthodoxe. Si tu souhaites te faire une petite idée de la question, une série d’article est justement en cours.
      Le plus récent à l’heure actuelle est celui-là :https://philochristos.wordpress.com/2013/06/01/quand-le-fils-revele-le-pere/

      Et il fait suite à deux autres articles :

      https://philochristos.wordpress.com/2013/05/30/les-consequences-de-la-doctrine-de-la-substitution-penale/

      https://philochristos.wordpress.com/2013/03/03/le-sacrifice-de-jesus-et-sa-comprehension/

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  6. tu dis, je te cite : « Néanmoins cela ne veut pas dire que je suis nécessairement d’accord avec tous les dogmes protestants. » d’où ce que je disais sur « ta liberté de penser », qui est propre au protestant et sectes (non péjoratif) protestantes. Tout ces mouvements (pour ne plus dire sectes) finissant par « istes » « isme » etc… disent ce que tu dis, et en cela ils font preuve d’un certain recul sur le message « protestant de base ».

    En somme derrière chaque protestant se trouve un iste quelque chose, même au sein d’une même église, qui est non sectaire, c’est à dire là où le membre peut réfléchit (méditer) par lui même, sans être obliger d’être d’accord avec son ‘instructeur », tu y prends 2 membres et tu trouveras 2 réflexions différente sur un même passage. il y a déjà une « micro division », qui n’en est pas une réellement mais cela traduit le « Droit d’être différèrent » de l’autre, ce qui n’existe pas dans une secte (ici péjoratif) où chacun te tiens le même discours en copier/coller.

    Pour conclure et je me répète il faut distinguer « l’esprit » qui anime une personne, et pour moi tu as ce qui définit le protestantisme (dans sa définition global), le droit à la différence et à s’édifier soit même d’après les écritures, sola scriptura.
    Jean 14:26 Mais le consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

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    • Bonsoir Caleb,

      Je suis d’accord avec toi mais j’apporterai quand même une nuance. La « liberté de penser » n’est pas nécessaire propre au protestantisme. En dehors de dogmes clairement établis, les premiers chrétiens avaient une grande liberté de penser, poussant même parfois la réflexion très loin. Cf par exemple l’apocastase soutenue par plusieurs docteurs (Origène, Grégoire de Nysse, etc.)

      A l’inverse dans beaucoup de courants protestants, la liberté de penser n’existe pas vraiment. C’est vrai que le protestantisme libéral a beaucoup développé cette idée, qui n’était pas forcément celle des premiers réformateurs. On ne peut pas vraiment dire que Luther et Calvin étaient tolérants.

      De même aujourd’hui beaucoup de catholiques, prennent quand même une certaine liberté, tout en restant profondément catholiques et fidèles au pape.

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  7. David, tu dis: « il faut éviter d’utiliser des termes non-bibliques » et sur le Sola Scriptura: « Utiliser la Bible comme fondement suppose en effet deux choses : avoir une Bible définie et pouvoir l’interpréter. Or ces deux points ne peuvent précisément pas être définis à partir des Ecritures. »

    Il y a comme une contradiction ! Déjà les termes bibliques dont tu parles sont des termes français traduisant des termes Hébreux et Grecs. Or, les termes originels ont une richesse propre de signification, et les termes les traduisant ont des synonymes et des connotations inhérentes aux langues vernaculaires. En plus la pluralité de versions en langues vulgaires fait que l’on a pas traduit exactement par les mêmes mots et les mêmes tournures. Par exemple logos pourra être traduit par le Verbe, ou la Parole. Quel est donc pour vous le terme biblique dans ce cas ?
    « Sola scriptura » peut être compris comme l’attitude de se référer à la Parole sainte, comme Jésus et les Apôtres le faisaient. Ce même Jésus qui vitupérait les Pharisiens qui ajoutaient à la Parole ou supprimaient par leur traditions. Cela signifie qu’il y avaient une Parole précise qui est nommée la Loi, les Prophètes et les Psaumes. Bien-évidemment le NT n’était pas encore écrit, il était en train de s’écrire dans la vie des disciples par la Révélation de l’Esprit saint. Or, cette révélation nous l’avons au complet maintenant dans les 27 livres canoniques composant le NT. Le Sola Scriptura a donc bien un objet défini. Quant à son interprétation, nous ne devons avoir aucun magistère humain, ni même le nôtre car la Prophétie n’est pas l’objet d’une interprétation particulière. L’Esprit-Saint est l’interprète des Écritures et ce même Esprit parle au coeur de chaque croyant véritable. Par conséquent la juste interprétation ressort de la lecture de l’Église entière, non pas un groupe sectaire, une dénomination, mais le corps universel de Christ. On peut facilement se tromper tout seul, mais quand on a la saine habitude de comparer sa compréhension avec celle des autres, on diminue fortement ce risque. Le seul problème, et nous sommes en plein dedans à notre époque, c’est quand on choisit les points de vue qu’on veut écouter, et ceux auxquels on se refuse…

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  8. Bonsoir Gilles,

    Merci pour tes remarques. Je pense justement qu’une réflexion biblique doit se faire en tenant compte des langues de la révélation, tout en veillant à la rendre compréhensible dans la langue courante. Quel est donc le terme biblique pour « logos » ? Et bien c’est « logos » lui-même.

    Dans la plupart des cas, une traduction, même approximative, suffit. Néanmoins je pense que pour les mots les plus importants, on devrait prendre l’habitude de se référer directement au grec et les translitérrer en français pour éviter les contresens. Et le terme que tu proposes est justement un très bon exemple, car que ce soit « Parole » ou « Verbe » , la traduction française ne rend pas le sens complet de « logos ».

    « Le Sola Scriptura a donc bien un objet défini.  »

    => Oui mais pourquoi 27 plutôt que 22 livres ? 27 livres, c’était le canon des Eglises de Rome et d’Alexandrie, qui s’est ensuite imposé dans tout l’Occident. Pourquoi ? Justement parce que les Eglises se sont soumises au pouvoir du pape. Mais les chrétiens d’Antioche par, exemple, ne reconnaissaient comme canoniques que 22 livres. A l’inverse on sait que d’autres chrétiens reconnaissaient d’autres livres (Epitre de Clément, Epitre de Barnabé, Pasteur d’Hermas) qui ne figurent plus dans notre NT.

    Concernant le fait « d’ajouter à la Parole » as-tu eu l’occasion de lire mon article sur le Targum et sur les Sources du Nouveau testament ? Je te les mets en lien :
    https://philochristos.wordpress.com/2012/10/08/68/

    https://philochristos.wordpress.com/2012/12/11/les-sources-du-nouveau-testament/

    Quant à cette notion de « tradition », elle est bien plus complexe, mais j’y reviendrai à l’occasion dans un article. Car en réalité les Juifs devaient nécessairement avoir une tradition orale pour expliciter le texte écrit.

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  9. Eh bien bravo 🙂

    J’aimerais tant que les Protestants aient la même clairvoyance que toi – au sujet du ‘sola scriptura’. Car, c’est une formule que tu réfutes en un temps deux mouvements dans ton article 🙂 Car, en effet, constater l’erreur de cette formule est assez évident

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