Le Repas du Seigneur

Je reblogue un article du site « Actu-Chrétienne« , auquel j’ajoute un petit commentaire personnel.

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Rédacteur au magazine protestant libéral « Evangile et Liberté », Henri   nous questionne : « A quoi sert la Cène » ?

Dans son article, Henri Persoz commence par citer Karl Barth, le célèbre pasteur protestant suisse, qui est généralement considéré comme l’une des personnalités majeures de la théologie chrétienne du siècle précédent. Lorsqu’il avait rencontré le Père Congar, Karl Barth lui avait posé cette question pertinente : «Comment pouvez-vous attribuer une telle importance à l’eucharistie alors que, dans le Nouveau Testament, elle occupe si peu de place ?»

Henri Persoz ne mâche pas ses mots à propos de la transformation de ce repas pascal en sacrement par l’Eglise Catholique :

« Au dire du Nouveau Testament, Jésus n’a pas «institué» la cène. Ce n’est pas parce qu’on utilise l’impératif qu’on institue. Jésus parle très fréquemment à l’impératif ; s’il instituait à chaque fois, l’Église croulerait sous les institutions ! Et même la «présence réelle» des Réformateurs n’a pas de fondement biblique. Nous pouvons considérer que Jésus est présent en tous temps et en tous lieux dans le coeur de ses fidèles mais aucun texte du Nouveau Testament n’insinue qu’il serait davantage présent lors des commémorations futures de son dernier repas pascal. De la même façon, cette idée de sacrement est une invention de l’Église ancienne que Luther n’a pas osé repousser complètement. Le sacrement n’a rien de biblique »

S’il considère que « rien n’empêche la communauté chrétienne de répéter [ce] geste » et que cela « ne peut pas faire de mal », Henri Persoz considère que les catholiques ne sont pas les seuls à être à côté de la plaque et il s’interroge sur l’atmosphère qui règne dans certaines églises protestantes durant la Sainte-Cène :

« Regardez la Cène de Léonard de Vinci : chaque disciple est très animé et participe avec ses voisins à des discussions passionnées. Regardez la cène de nos cultes protestants : silence glacial. Il est interdit de parler. La cène est devenue le lieu où l’on ne se dit rien ».

Face à tant de solennité, Henri Persoz en vient finalement à considérer que la vraie Cène serait « l’apéritif » que l’on prend parfois après le culte et durant lesquels les chrétiens vivent un temps de « sympathie » et de « chaleur humaine ». Provocateur, il nous questionne : « Ne serait-ce pas là la vraie communion ? Jésus est-il toujours réellement présent ? »

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Paul OHLOTT

Source

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Commentaire personnel 

Il est vrai que la « Cène » ou « Sainte Cène », telle qu’elle est pratiquée dans nos églises est devenue un rituel religieux complètement dénaturé pour trois raisons :

1) le terme même est mal choisi. Cène veut dire « repas », or manger un centimètre carré de pain et boire un fond de vin (quand ce n’est pas du jus de raisin), ne constitue pas un repas. A la limite le terme catholique d’Eucharistie (« rendre grâce ») est plus approprié.

2) Jésus a institué ce moment de communion (qui n’en n’est plus un) en plein milieu d’un repas, pas en plein milieu d’un office religieux.

3) Ce repas était un moment de réjouissance. Les Israélites se préparaient pour la fête de Pâque qui commémorait  la sortie d’Egypte, or aujourd’hui la « Sainte Cène » est certainement devenue l’un des moments les plus tristes du culte. Toute l’assistance se sentant obligée de tirer une tête d’enterrement, comme si la tristesse rendait plus spirituelle.

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8 réflexions sur “Le Repas du Seigneur

  1. Super article ! Merci beaucoup. Comme quoi, il y a toujours des choses à découvrir et ce qu’on ne remet (quasiment) plus en question aujourd’hui n’est pas forcément parfait. 😉

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  2. Le Repas du soir avant la Crucifixion n’est pas à proprement dit le  » Repas de la Pâque  » qui allait avoir lieu le lendemain soir – car l’Agneau n’était pas encore sacrifié. Il allait l’être dans la journée du lendemain (selon notre calendrier) à  » l’heure de la prière du soir « . C’est bien un Repas d’Alliance, de Noces (!) qui déclarait la fin d’un système et le début d’un autre.

    Si l’Église devient visible au monde à Pentecôte par l’Irruption du Saint Esprit, Elle prend cependant Sa place ce soir-là aux cotés de l’Époux. Sa Résurrection trois jours et trois nuits après la crucifixion, le Jour de la Fête des Prémices (ou Gerbe Tournoyée), montre bien qu’Il n’est pas Seul. Une Gerbe n’est pas un épi…

    Ce Repas est bien un Repas de Fête, de Communion et de Célébration de l’Alliance dans laquelle Il nous a fait entré. Alléluia !

    Yeshuah a expliqué à Ses Disciples (bons juifs bien enracinés dans leur culture et tradition et leur système lévitique) qu’ils pouvaient répéter cela jusqu’à ce qu’Il vienne : ce geste rappelait qu’Il était mort… [ or nous savons que la mort libérait la femme de la Loi de son époux]. Le vieil Israël est donc mis de côté. Le vieux système religieux est terminé… Il faudra le temps d’une génération (40 ans) pour le faire disparaitre complètement avec la destruction du Temple de Jérusalem. Quand Il est venu (pour chacun de nous) nous célébrons l’Alliance – par un vrai Repas de Fête.

    Quand Jésus revient – le Seigneur, l’Esprit – à Pentecôte – il n’est plus nécessaire de rappeler cela : un Nouveau Système est là, Présent, Vivant. Le Corps de Christ, le Corps de l’Époux est là sur terre et il est appelé à vivre la VIe du Royaume… mais c’est un autre sujet.

    Je crois donc que l’église du début avait compris cela : il est dit  » qu’ ils prenaient avec joie leur Repas dans leur maison (la fraction du pain)  » et ce n’est pas – pour moi – ce que le monde chrétien a appelé  » la Sainte Cène » : les hommes religieux ont institué cela, oui, mais ce n’est certainement pas Jésus qui l’a instituée. Le Repas d’Alliance est toujours partagé avec du pain et du vin : c’est cela qui atteste dans la Bible que nous sommes devant une Alliance de Sang.

    Paul a rappelé un geste :  » la nuit où Il fut livré… » le Repas d’Alliance (de Noces) a pris place cette nuit-là.

    Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné; c’est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain,
    24 et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de Moi.
    25 De même, après avoir soupé, Il prit la coupe, et dit : Cette coupe est la Nouvelle Alliance en Mon Sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez.
    26 Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.
    27 C’est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur.
    28 Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ;
    29
    car celui qui mange et boit sans discerner le Corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même.

    Le Corps : tous ceux qui partagent la Vie de Christ et personne ne peut être exclu

    La seule chose qu’Il a dite et qui doit être faite – parce que c’est le Signe de l’Alliance Renouvelée – c’est le baptême d’eau (qui sera accompagné du baptême de l’Esprit à cause de l’obéissance à Sa Demande).

    Ce sujet en touche beaucoup d’autres… j’espère m’être exprimée clairement !

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  3. Il faut avant tout savoir que le rituel du pain et du vin (L’eucharistie) fut fait pour la première fois par Melchisédek et Abraham, alors que celui-ci venait de livrer la bataille de Kerlaomer pour délivrer son frère Lot et sa famille. (Gen. 14 : 14 à 24)
    Melchisédek était un petit roi de Sodome, moins riche qu’Abraham. Mais il avait une supériorité parce qu’il était le « Grand sacrificateur devant le tabernacle de la tente d’assignation. C’est lui qui avait le privilège de faire les sacrifices de gros animaux dans le lieu, caché au regard du peuple, appelé « le lieu très saint »
    Lorsqu’il fit ce rituel, il donna momentanément un pouvoir divin à Abraham.
    C’est par ce pouvoir qu’il se préparait, selon l’ordre de Dieu, de sacrifier Isaac son fils unique.
    Voyant qu’Abraham, animé par une grande foi, allait obéir et égorger son fils, Dieu arrêta sa main et fit apparaitre un bélier pour le sacrifice.
    Car ce sacrifice inachevé était une préfiguration pour un autre sacrifice immensément plus grand qui se fit réellement de nombreux siècles après et qui ne tolèrerait pas qu’il y eut de précédent. Ce fut une image prophétique de Dieu sacrifiant son fils bien aimé JC, en qui il avait mis toute son affection.
    C’est pour cela que JC mentionna Abraham ainsi :

    « « Jésus répondit: Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien. C’est mon père qui me glorifie, lui que vous dites être votre Dieu, et que vous ne connaissez pas. Pour moi, je le connais; et, si je disais que je ne le connais pas, je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais, et je garde sa parole. « Abraham », votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour: Il l’a vu, et il s’est réjoui » ». (Jean 8 : 54 à 57)

    Ces versets confirment que le sacrifice de JC fut préfiguré, et qu’Abraham l’a vu, en son temps.
    C’est pourquoi, il est écrit qu’Abraham est l’ami de Dieu :

    « « Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel?
    Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres, et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite.
    Ainsi s’accomplit ce que dit l’Écriture: Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice; et il fut appelé ami de Dieu » » (Jacques 2 : 21 à 23).

    JC fut comparé à Melchisédek :

    « « Et Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit: Tu es mon Fils, Je t’ai engendré aujourd’hui!
    Comme il dit encore ailleurs: Tu es sacrificateur pour toujours, Selon l’ordre de Melchisédek.
    C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel,
    Dieu l’ayant déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek.
    Nous avons beaucoup à dire là-dessus, et des choses difficiles à expliquer, parce que vous êtes devenus lents à comprendre. » » (Hébreux 5 : 5 à 11)

    Pour être comparé à Melchisédek, JC dû, comme lui, faire le rituel du pain et du vin, parce qu’il était par cela, devenu « Grand sacrificateur devant l’Eternel et en même temps, l’objet lui-même de cet ultime sacrifice.
    Par amour, il avait fait tout pour le provoquer afin d’être sacrifié pour sauver, les hommes du péché.
    C’est pourquoi, sans le comparer à Dieu, il faut manifester envers, JC un amour et une adoration profonde.

    « « C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement « élevé », et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » » (Phil. 2 : 9 à 11)

    Voici ce que furent ces rituels (Eucharisties) d’Abraham et de JC.

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