Pourquoi je n’ai pas participé à « La Manif Pour Tous »

          Il y a quelques mois, aux grandes heures de « La Manif Pour Tous », j’avais publié un article intitulé « Pourquoi je ne participerai pas à La Manif Pour Tous ». Si je peux comprendre que beaucoup de chrétiens se soient engagés dans ces manifestations, j’aimerais aujourd’hui le reprendre et le compléter pour expliciter les deux grandes raisons qui m’ont poussé à ne pas participer à ce mouvement. La première concerne le fond, la deuxième, la forme.

 Le mariage dénaturé ?

       La Manif Pour Tous visait avant tout à lutter contre la dénaturation du mariage. Or, selon moi, c’est l’idée même de « mariage civil » qui dénature le mariage. L’ouverture de ce mariage civil aux personnes de même sexe, n’est donc pas la cause mais la conséquence de la dénaturation du mariage.

 Contrat civil

        Un point important doit être précisé : je ne suis pas contre l’existence d’un contrat civil. Nous vivons dans une société très majoritairement non chrétienne et il est normal que l’Etat prévoie un système de régulation et assure l’ordre. Toutefois ce que je refuse, c’est que l’Etat qualifie ce contrat de « mariage », et je pense que les chrétiens ne devraient pas considérer ce contrat comme un mariage.

 Désobéissance ?

        L’apôtre Paul rappelle qu’il est nécessaire d’obéir aux autorités. Refuser de reconnaître le « mariage civil » est-ce de la désobéissance ? Absolument pas, car il y a bien une exception à cette obéissance : les commandements divins. Or le « mariage civil » tel qu’il est défini en France, va à l’encontre de ces commandements.

       En effet considérer le « mariage civil » comme un « contrat civil », c’est finalement reconnaître à l’Etat le pouvoir de définir le mariage, ce qui lui donne donc le droit d’en changer la définition ou les conditions en fonction des circonstances ! Un tel pouvoir va tout simplement à l’encontre de la vision biblique du mariage où seul Dieu est habilité à définir les conditions du mariage et à unir les époux.

        Pour compléter la réflexion je vous propose de (re)découvrir ma série d’articles sur le mariage d’un point de vue chrétien.

Une question de forme

     Pour terminer cet article, j’aimerais aussi faire une remarque sur la forme. Je pense en effet que, pour un chrétien, ces grandes manifestations  ne sont pas le moyen d’expression idéal. Les mouvements de foules et de masses sont dangereux et aboutissent  facilement à des débordements. Même quelqu’un de calme peut, dans l’euphorie générale, se laisser emporter par « l’effet de groupe ».

         Que l’on soit d’accord ou non avec leurs décisions, l’apôtre Paul, nous invite à respecter les autorités (Romains 13 : 1 ; Tite 3 : 1), et rappelons que l’apôtre écrit cela alors que l’empereur en fonction était Néron. Or ces mouvements conduisent bien souvent à des dérives et à un manque de respect envers le président ou diverses autorités, qui sont moquées, caricaturées, tournées en dérision. Le « Hollande bashing » (1) est particulièrement devenu à la mode et, s’il peut être tentant de se défouler de la sorte, il ne me semble pas que le Seigneur soit honoré par ce genre de comportements.

             A ces considérations « spirituelles », j’ajouterai une dernière remarque plus pragmatique et plus personnelle. J’ai toujours été très sceptique sur le principe même de la  manifestation. Ce scepticisme ne me semble d’ailleurs pas totalement infondé, puisqu’en dépit de la mobilisation impressionnante, d’un point de vue législatif, rien n’a changé.

 Note

(1) Hollande bashing : s’attaquer par la moquerie au président François Hollande

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24 réflexions sur “Pourquoi je n’ai pas participé à « La Manif Pour Tous »

  1. Analyse très intéressante cher David.

    Je suis d’accord avec toi sur quelques points (hollande bashing, utilité de l’engagement dans une manif notamment pour un chrétien) mais pas sur les conclusions que tu en tires.

    Il y a un mouvement de fond qui se réveille en Europe, un certain conservatisme assumé. N’étant pas spécialiste, je l’appellerai comme ceci.

    Devons réellement rester silencieux?
    Le mariage pour tous n’est qu’un début (ou plutôt un tournant dans une continuité d’une logique libertaire). En effet, pour rester dans l’actualité, la tendance est plutôt vers la facilitation du divorce (au lieu de trouver des solutions pour l’éviter), l’éducation sexuelle des enfants selon nos gouvernants actuels (intervention des groupes LGBT en primaire, et j’en passe), l’avortement hautement suggéré au lieu de trouver une réponse plus mesurée.

    Bref, des thèmes sur la vie qui vont voir une influence majeure dans la vie de nos enfants et de la société.
    Nous sommes en démocratie donc, à priori, la voix du peuple compte et peut influer sur nos gouvernants (cf : le mouvement du Sens Commun en sein de l’UMP). On voit aussi l’influence des cathos en Espagne (restriction drastique de l’accès à l’IVG) et en Austalie (influence des évangéliques?) avec l’annulation des mariage gays dans l’état de Camberra;

    Donc oui, il y a des points de désaccords avec la manif pour tous si on se réfère à la Bible et on peut se poser la question de l’implication des chrétiens dans cette manif mondaine mais avons nous un autre choix pour espérer la victoire de la vie?

    J’ai pas la réponse à cette question…par contre, je m’en serai voulu de ne pas avoir essayé de faire quelque chose.

    « Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants; c’est l’indifférence des bons. » Martin Luther-King

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    • Ton approche est tout à fait concevable et pertinente Phil. Je crois pourtant que la manifestation à peu de poids sur les dirigeants sauf si celles-ci y trouvent son intérêt.
      Je crois que le changement se fait par l’intérieur des familles et non par des manifestations populaires. Jésus a évité des manifestations populaire qui mettaient à mal les gouvernements en place et a préféré organiser des rencontres publiques avec un thème ciblé.
      Les dirigeants savent très bien comment s’y prendre pour diriger les foules et influencer la masse.
      Je suis entièrement d’accord avec toi sur l’indifférence de ceux qui paissent dans leurs conforts matériels qu’on appelle les « bons ». Il existe des mouvements à l’intérieur des quartiers qui bougent et amènent les personnes à repenser leur façon de vivre. Le mouvement est en cours. Je crois que cette façon est plus productive que de gueuler un coup et de rentrer chez soi et de continuer comme si de rien était. Ces mouvements de quartiers amènent les « bons » vers une nouvelle façon de concevoir leur avenir.

      Nous sommes entrain de repenser notre approche de la vie communautaire. Je crois que c’est de cette façon que les choses changeront notre monde. C’est plus profond et demande une remise en question au dedans de nous même.

      Si tu as l’occasion de participer à la vie de quartier, tu trouveras beaucoup de richesses et un moyen plus efficace de faire bouger les choses.
      Je ne peux qu’encourager à participer à la vie communautaire de son environnement proche comme l’a fait Jésus lors de sa venue sur terre. Il a changé profondément des mentalités et a permis aux différences de s’unir.
      Bien à toi Phil.

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      • merci pour ton partage pistis. je pense avoir compris certaines choses par ton analyse, celle de david et d’autres personnes qui m’entourent. d’abord vivre en accord avec les principes bibliques pour influencer  »notre monde immediat ». ceci dit, je ne vois pas d’incompatibilite avec le fait se regrouper pour essayer de faire comprendre son avis aux decisionnaires. si cela se fait sans agressivite, sans haine

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        • Bonsoir Phil, je pense que ce n’est pas incompatible mais certainement pas la solution pour faire comprendre sa position chrétienne.
          Maintenant, rien n’empêche de faire les deux si tu crois que cela peut apporter quelques choses aux autres. Pour ma part, cela fait bien longtemps que je ne fais plus de manifs populaires. Mais je respecte ceux qui le font en tout honneur et passivité.
          Il est vrai que je suis de sang chaud et qu’une manifestation qui tournerait au vinaigre pourrait être pour moi un moyen de me révolter. Donc, je suis prudent et je gagne l’amour de Christ avec la perspicacité donné par l’Esprit.

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  2. Bonsoir Phil,
    Merci pour tes commentaires(et merci aussi à Pistis pour ses réactions)
    Je comprends tout à fait ta position, et le but de cet article n’est pas de « condamner » les chrétiens qui auraient participé à ces manifestations, simplement je ne pense pas que cela soit la solution la plus efficace.

    Dans sa première réponse, Pistis parlait de la vie de quartier et de la vie communautaire, je le rejoins tout à fait. Je pense que c’est de là que viendra le changement.

    Cela passe aussi par une Réforme de l’Eglise … ce sera justement l’objet d’un prochain article 😀

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  3. Bonjour !

    Comme Phil, je suis en partie d’accord avec ton article (not. Le « Hollande bashing » à propos duquel j’ai consacré un billet), mais pas avec la plupart des points, notamment sur ce que tu dis sur le mariage : j’ai déjà déclaré que défendre la famille et le mariage tel que Dieu l’a institué dès le commencement (sans se perdre dans une querelle de mots) est fondamental, car structurant. Et la famille est le socle naturel de la société ou « l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’État », affirme l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme(1948)*, par ailleurs reconnue par la France dans son actuelle constitution (celle de 1958). Perso, pour ces raisons(et d’autres), je ne regrette pas d’avoir manifesté(en janvier et en mai 2013)

    Evidemment, « ces grandes manifestations ne sont pas le moyen d’expression idéal. Les mouvements de foules et de masses sont dangereux et aboutissent facilement à des débordements ». Tout dépend de l’esprit avec lequel et pour lequel on manifeste, et tout dépend de l’organisation. Sauf erreur de ma part, la LMPT n’a pas « débordée », à part peut-être celle du 24 mars 2013 (tentative de certains manifestants de pénétrer sur la place Charles-de-Gaulle, puis sur l’avenue des Champs-Élysées, en forçant les barrages de police ; confusion notamment apportée par le « Printemps français », aux objectifs contradictoires avec LMPT…)
    Aujourd’hui, la question est de savoir, depuis le 15 décembre 2013, à Versailles, si le mouvement est toujours réellement « apolitique », comme au commencement(voir un récent article sur « les convergences » de Patrice de Plunkett sur son blogue).

    Je dirai que « les grandes manifestations » constituent « un » moyen d’expression, tolérée et encadrée par la loi. Quant à l’efficacité, cela se discute, mais tout dépend pourquoi et avec quel esprit on manifeste.
    Mais les manifs ne sauraient être le seul moyen et ne sauraient durer indéfiniment. La question serait plutôt : Par où continuer ? Et surtout comment aller réellement au fond des choses, c’est-à-dire au fond du problème sans comprendre que l’on ne saurait combattre les effets sans combattre la cause. En clair, comment (prétendre) combattre le libéralisme sociétal, tout en soutenant le libéralisme économique et financier ? L’un et l’autre étant inséparables : La dislocation de la filiation, et l’artificalisation du vivant, étant voulues par le système économique et commercial occidental (cf engagement spectaculaire de Goldman Sachs, entre autres, pour développer ce processus aux Etats-Unis et en Europe).

    « La vie de quartier et de la vie communautaire…c’est de là que viendra le changement ».
    Sans doute. Mais pas seulement. Une volonté politique est également nécessaire. Comment « l’inspirer » positivement ?

    « Cela passe aussi par une Réforme de l’Eglise … »
    Tout dépend de quoi on parle. Mais plus que de vouloir « réinventer l’Eglise », il me paraît plus pertinent de (re)découvrir ce qu’est l’Eglise, ce qu’est l’évangile de Jésus-Christ, et ce qu’est « vivre en chrétien ».

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  4. WTF la « victoire de la vie » ? L’être humain le plus artificiel au monde reste un être vivant, merci. Pour le reste, en sortant un peu de chez toi tu pourras remarquer qu’on est 7 milliards sur cette planète malgré les guerres, les mariages homos, et Justin Bieber. Niveau défaite on a vu pire

    « Je suis entièrement d’accord avec toi sur l’indifférence de ceux qui paissent dans leurs conforts matériels qu’on appelle les « bons »  »

    Interprétation : Oyez braves gens, regardez ces « bons » qui ne sont pas comme nous, il faut absolument trouver le moyen de les faire sortir de leur confort, puisqu’ils sont « bons » ils partagent forcément notre opinion mais n’osent pas s’exprimer !

    C’était le coup de gueule du soir, pardonnez le vocabulaire et les raccourcis, mais j’étais pas trop d’humeur à tirader sur le sujet, qui a déjà fait couler beaucoup trop d’encre.

    Retenez ceci, toujours : ce n’est pas parce qu’on est chrétien que l’on peut prendre des positions et des décisions au nom de Dieu. Nous ne possédons pas la vérité, Dieu seul la possède. Il se trouve aussi qu’à ce jour Il laisse l’homme totalement libre. Si celui-ci commet des erreurs c’est uniquement devant Lui qu’il devra en répondre.

    (Oui j’ai dit « si il commet des erreurs » car comme je viens de l’expliquer ce n’est pas du ressort de l’homme de juger si le mariage homo et ses conséquences sont une erreur ou non. A chacun de se faire sa propre opinion, nous en sommes parfaitement libre)

    Aimons-nous les uns les autres comme ils nous a aimé.

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    • Hum, c’est comme ces « bons » hommes qui vivaient à Sodome et Gomorrhe. Comment aurions nous agit si nous étions présent dans cette ville? Par des manifestations?
      Pour ma part, je me serais enfui de ce lieu et aurait cherché un endroit plus en accord avec ma façon de vivre…
      Aujourd’hui, nous vivons dans des villes qui prônent des comportements scandaleux et contraire à l’enseignement de Dieu.
      Pouvons nous dire, je reste dans cette ville de d’ébauche sous prétexte que cela ne me regarde pas et que chacun est libre défaire comme il veut?
      Pouvons nous rester indifférent devant ces anomalies?
      Comment agir, si nous voulons agir?
      Que ferait Jésus s’il était encore de chair?
      En ce qui me concerne, j’ai décidé d’agir par l’exemple, par des rencontres avec les gens de mon quartier au travers d’activité de groupe comme le potager collectif, l’association de quartier durable, échange de service gratuit, partage du savoir et de compétence à la collectivité, etc…
      Je n’impose pas mes idées mais je prône le mode de vie chrétien libre comme exemple de réussite familiale et sociale.
      Beaucoups souffrent à cause du déracinement des idéaux chrétiens et de l’avidité de pouvoir commerciale et politique.
      Nous sommes dans une aire de changement collectif qui cherche une alternative aux maux de cette société permissive et égoïste. Le changement est en marche non pas dans les politiques mais bien dans les petites gens qui commencent à bouger sur le plan local.
      Ce sont des petits ruisseaux qui font de grandes rivières…
      C’est au travers de l’exemple et du partage que nous pouvons apporter une alternative à notre avenir et le pousser vers la bonne voie.
      Enfin, c’est de cette façon que je m’oriente avec ma petite famille et pour l’instant ce n’est que du bonheur. Nous rencontrons des personnes qui s’ouvrent et qui sont justement c’est « bons » et qui se rendent compte qu’il est temps d’agir.
      C’est extraordinaire de participer à ce changement social.

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    • Manu, desole mais je ne comprends pas tres bien tes propos ni sur la forme ni sur le fond. j’avoue qu’en commencant ton comm par  »wtf » ca aide pas a se plonger dedans.je vais quand meme essayer d’y repondre. je repondrais juste les chiffres dont je me rappelle. la france c’est 200000ivg par an et depuis les annees 50 pres de 40millions en chine .(qu’on me corrige si me trompe) donc y’a encore du chemin pour la  »victoire de la vie ». meme pas besoin d’etre chretien pour en etre horrifier…le mariage homo est un non sens en soit quand a la filiation c’est une aberration. la aussi pas besoin d’etre croyant pour le comprendre. aimer ne veut pas forcement dire tout accepter mais rester authentique et sincere.

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  5. Pingback: Sommaire : Le mariage chrétien | Philochristos

  6. Vous dites que le mariage gay va à l’encontre de la vision biblique du mariage. Puis vous bifurquez en relevant que le « mariage gay » n’étant qu’une variante du « mariage civil », cela n’intéresse pas les chrétiens. Saint Paul parlait pourtant de l’évolution de l’homme naturel vers le Christ, modèle de l’homme spirituel. Avec le mariage gay, on s’en éloigne sérieusement ! Selon moi ne pas s’y opposer, c’est laisser piétiner la vision chrétienne. Permettez-moi cette franchise, mais vos arguments menant à rester assis chez vous m’ont paru spécieux.

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    • Crois-tu que le fait de ne pas aller à la manif fait de nous des soumis aux systèmes de Satan?
      Voilà une pensée frivole qui pourrait nous classer dans les parias.
      Je suis actif dans mon quartier et ne bafoue pas les principes de Dieu. Je ne crois pas qu’il faille attaquer de front ce genre de problème sociétal car n’est pas la solution. Elle envenime la relation et provoque une haine. Par contre, par notre attitude respectueuse et l’amour de Dieu, on peut parler de ces choses avec franchise si la discussion est propice. Ce fut le cas pour moi à plusieurs reprises. Mon frère charnel est homo et des collègues également. Ils savent que je suis chrétien et que je suis les principes de Dieu dans ma vie. Ils connaissent la position de Dieu sur le sujet et aborde par eux mêmes la conversation car ils se sentent en désaccord avec les écrits sacrés. Cela se fait de façon naturel, sans animosité. Ils sont plus enclins à venir vers nous si on est respectueux malgré notre désaccord religieux sur la pratique sexuelle.
      Dieu attire à lui celui qu’il aime et le discipline.

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      • Je n’ai accusé personne ici d’être des « soumis aux systèmes de Satan ». Je ne jette pas la pierre aux personnes ayant un comportement sexuel désordonné (certains de tes collègues, dis-tu). Mais la manifestation était contre l’homosexualisme comme système pervers de pensée, pas contre telle ou telle personne. C’est tout à fait différent. Pourquoi tes collègues se sentiraient-ils agressés, alors qu’ils savent ce que pensent les chrétiens sur le sujet?

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  7. Vincent, je n’ai pas lu toute votre série sur le mariage.

    Vous m’apprenez (dans votre article précédent sur la Manif pour Tous) qu’en France, il est interdit de se marier religieusement si on ne s’est pas d’abord marié civilement (ce n’est pas le cas au Québec & Canada). Je comprend que ce jacobinisme crasse nourrit votre scepticisme du mariage civil (tel qu’il existe dans l’Haxagone).

    Je suis d’accord avec vous que le mariage biblique est une alliance monogamique, devant Dieu et la communauté chrétienne, entre un homme et une femme. Le mariage est donc une institution sacrée.

    Cependant, je ne vois pas comment cette définition du mariage biblique exclut la légitimité et la pertinence du mariage civil, au sens théologico-juridique du terme. Entendons-nous bien : l’État ne peut pas, bibliquement parlant, générer des véritables mariages juste en claquant des doigts et en produisant des morceaux de papier.

    Cependant, si le mariage biblique est bien une alliance, ne fait-il pas parfaitement du sens que ce mariage soit RECONNU par les autorités civiles ? Après tout, il est dans la juridiction des autorités civiles de veiller à l’exécution des contrats (et on peut jouer sur les mots, mais alliance, contrat, pacte, convention, c’est des synonymes) ? Pour des raisons de procurations (pendant la vie commune) et de successions (après le décès d’un(e) marié(e)), il me semble parfaitement logique que l’État RECONNAISSE l’existence théologico-juridique des mariages bibliques.

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    • Bonjour Scolaris, notons que dans l’histoire ou même actuellement dans certains pays, la situation est pire, notamment pour les protestants.
      Je donne certains exemples dans un autre article.

      Je ne suis effectivement pas contre que l’Etat instaure un contrat civil, cela me parait au contraire nécessaire et souhaitable. Cependant là où je suis plus sceptique c’est de qualifier ce contrat de mariage, car cela placerait l’institution du mariage sous le contrôle de l’Etat.

      Edit : https://philochristos.wordpress.com/2013/07/11/le-mariage-lien-divin-ou-contrat-civil/

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      • Bonjour Vincent,

        Je pense que nous sommes fondamentalement d’accord que la reconnaissance civile du mariage chrétien doit être subordonnée à son caractère allianciel & spirituel.

        Et je suis parfaitement d’accord que l’État ne doit pas s’arroger la prérogative de déterminer ce qu’est ou ce que n’est pas le mariage : je crois qu’il doit simplement reconnaître et entériner ce qu’établit la Bible.

        Je crois toutefois que l’on diffère sur notre compréhension du *civil*. Dans votre article « Lien divin ou contrat civil », vous souligez à juste titre que les limites inadmissibles que le droit civil romain imposait au mariage chrétien a conduit nombre de patriciennes à s’unir religieusement avec des plébéiens ou des esclaves sans être mariés civilement en droit romain. Je n’ai pas de difficulté avec cela. Mais je distingue entre le droit positif (le droit effectif) et le droit biblique qui a une dimension civile. Selon moi, même si les unions contractées entre ces patriciennes et ces plébéiens n’était des contrats civils au regard du *droit romain positif*, ces unions constituaient néanmoins des contrats civils au regard du *droit biblique* car elles étaient des unions légitimes bibliquement parlant (elles étaient légales et juridiquement valides selon la Bible car elles respectaient les quatre critères : monogame, hétérosexuel, libre et indissoluble). Je crois que nous devons mettre en adéquation la légitimité biblique avec la légalité

        Peut-être que cette capsule du pasteur Foucachon vous aidera à comprendre mon point de vue :

        http://monarchomaque.org/2013/01/06/mariage-biblique/

        Vincent, vous demandez : « [A]u nom de quoi imposer la définition chrétienne du mariage à une société qui dans son ensemble ne l’est justement plus ? »

        Hé bien, je répondrai : Parce que Dieu et la Loi morale de Dieu ne changent pas et n’ont que faire des changements socioculturels qui beuvent balloter une société dans un sens ou dans l’autre. Vous conviendrez sûrement que la Loi morale de Dieu est immuable, universelle et perpétuelle. La définition chrétienne du mariage — monogame, hétérosexuel, libre et indissoluble — est la seule définition légitime du mariage au yeux de Dieu sous la Nouvelle Allliance (Dieu a toléré la polygamie sous l’Ancienne Alliance mais déjà à cette époque, avoir beaucoup de femmes n’était pas bon dixit Deutéronome 17:17) et cette définition devrait par conséquent être la seule qui soit légale dans tous les États. La légalité positive doit concorder avec la légitimité biblique.

        Cordialement,
        Scolaris Legisperitus

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  8. Vincent, vous écrivez :

    « Que l’on soit d’accord ou non avec leurs décisions, l’apôtre Paul nous invite à respecter les autorités (Romains 13:1 ; Tite 3:1), et rappelons que l’apôtre écrit cela alors que l’empereur en fonction était Néron. »

    Pouisque vous vous intéressez aux Pères de l’Église et aux Réformateurs protestants, je me permet de signaler — sans intention d’offense — que ce n’est pas de cette façon que ces vénérables théologiens comprenaient les injonctions néotestamentaires à l’obéissance civile.

    L’Église chrétienne historique (je parle de la vraie Église) distingue à bon escient entre office (magistrature) et officiant (magistrats). En Romains 13 et Tite 3, Paul écrit *in abstracto* : Dieu est un dieu d’ordre, il a donc institué l’office de magistrature pour maintenir l’ordre dont il a lui-même posé les paramètres dans la loi biblique. Cela ne signifie pas que nous devons soumission et obéissance à toutes les créatures humaines qui pourraient prétendre avoir autorité au-dessus de nous et qui ambitionneraient de nous imposer toutes sortes de lois iniques et païennes.

    Pour preuve que les injonctions néotestamentaires à l’obéissance civile sont écrites (et doivent se lire) *in abstracto*, en 1 Pierre 2:17, l’apôtre Pierre écrit aux chrétiens d’Anatolie « honorez le roi ». Je ne vous apprendrai sûrement pas qu’au Ier siècle de l’ère chrétienne, les chrétiens d’Anatolie que Pierre enjoint d’« honorer le roi » n’ont… pas de roi ! Seulement un « empereur » qui, sous le régime juridique du principat, n’était nullement un roi mais le Premier citoyen, officiellement institué dans cette charge par les comices de la ville de Rome. Il s’ensuit que PAR NÉCESSITÉ, lorsque Pierre écrit « honorez le roi », il ne désigne pas par là un quelconque roi qui n’existe pas, mais la charge de magistrat, et il écrit cela pour affirmer que le christianisme est incompatible avec l’anarchie.

    Je vous cite un extrait tiré de l’ouvrage *Le Règne terrestre de Dieu* de Jean-Marc Berthoud (Lausanne, L’Âge d’Homme, 2011, page 20 sur 603) :

    « LE BUT DU POUVOIR : FAIRE RESPECTER L’ORDRE ÉTABLI PAR DIEU

    Le but premier du pouvoir est de faire respecter l’ordre établi par Dieu. Cet ordre n’est pas, bien évidemment, tout ce que nous appelons l’ « ordre établi », qui n’est d’ordinaire qu’un ordre existant plus ou moins pécheur. L’ordre que Dieu a établi, c’est [celui que l’homme] a le devoir d’imposer […] c’est-à-dire qu’il correspond à la Loi de Dieu. C’est [de cette façon] qu’est manifesté l’exigence de justice de Dieu pour notre monde. Ainsi, par le pouvoir juste du glaive, le malfaiteur est puni et celui qui fait le bien est encouragé. En fin de compte, tout pouvoir [légitime] a un caractère nécessairement spirituel, car il s’agit d’une manifestation du pouvoir souverain de la grâce universelle de Christ. »

    La distinction entre l’institution de magistrature et la personne du magistrat est articulée par Jean Chrysostome et Samuel Rutherford :

    http://monarchomaque.org/2014/02/04/romains-13/

    Et les réformateurs calvinistes des XVIe et XVIIe siècles étaient unanimes à l’effet que les autorités persécutrices et tyranniques peuvent et doivent être résistées par la force des armes si les circonstances immédiates et la conjoncture historico-politique (bref le rapport de force et le momentum) s’y prêtent :

    http://monarchomaque.org/2011/05/20/desobeissance-legitime/
    http://monarchomaque.org/2013/06/07/monarchomaque/
    http://monarchomaque.org/2011/09/27/manuel/
    http://monarchomaque.org/2012/03/05/origine-calvinienne/
    http://monarchomaque.org/2012/08/04/jurieu/
    http://monarchomaque.org/2014/02/11/magdebourg-2/

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    • Bonjour Scolaris,

      Je pense qu’on peut résister à quelqu’un, voir même le combattre, tout en restant respectueux.

      Ce n’est pas la légitimité de la contestation que je remets en cause, mais plus la forme.

       » Or, l’archange Michel, lorsqu’il contestait avec le diable et lui disputait le corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un jugement injurieux, mais il dit: Que le Seigneur te réprime! » Jude 1 : 9

      Or si j’apprécie beaucoup les Pères de l’Eglise et les Réformateurs, on ne peut pas dire que dans ce domaine, ils aient été de grandes références, et ils avaient quand même une fâcheuse tendance à être très agressifs verbalement, même entre eux.

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  9. Et j’ajouterai que l’apôtre Jean, inspiré par le Saint-Esprit, qualifie Néron de « Bête » en Apocalypse 13…

    Néron César = nrwn qsr = 666 (lettres latines translitérés en chiffres hébreux qui, additionnés, donnent le « six-cent soixante et six » grec d’Ap 13). Voyez :

    http://americanvision.org/10369/calculating/#sthash.FSAIrCfQ.dpbs

    « When we take the letters of Nero’s name and spell them in Hebrew, we get the following numeric values: n = 50, r = 200, w = 6, n = 50, q = 100, s = 60, r = 200. Put together, the sum is 666. »

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      • Plusieurs historiens avancent qu’une des raisons pour laquelle l’Apocalypse est tellement plein et de métaphores et d’allégories, c’est précisément car ce texte devait se rendre aux destinataires par le service postal romain ordinaire et que si les autorités romaines en avaient compris le contenu, probablement qu’elles l’auraient jugé « injurieux » et censuré et que les sept églises d’Asie mineure n’auraient jamais reçu ce livre inspiré.

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