Evangile selon Marc Chapitre 1 versets 1 à 8

 « Commencement de l’Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu.  Selon ce qui est écrit dans Esaïe, le prophète : Voici, j’envoie devant toi mon messager, qui préparera ton chemin ;  c’est la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés.  Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.  Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il prêchait, disant : Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers. Moi, je vous ai baptisés d’eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit. »

 L’Evangile selon Marc

 « Commencement de l’Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu »

        Evangile est un terme grec qui veut dire « Bonne Nouvelle ». Ce mot désigne à l’origine la prédication de Jésus. Par extension, on a aussi utilisé ce nom pour nommer les livres qui font le récit de la vie de Jésus. Ils sont au nombre de quatre dans la Bible, et on désigne les par le nom de leurs auteurs : Matthieu, Marc, Luc et Jean.

         Notons bien que contrairement à une habitude courante, il ne faut pas dire « L’Evangile de … » mais « L’Evangile selon… ». En effet l’Evangile, il n’y en a qu’un, c’est celui de Jésus. En revanche, ce même Evangile est raconté par quatre personnes différentes. Ainsi, nous commençons l’étude de l’Evangile selon Marc, c’est-à-dire, l’Evangile de Jésus raconté par Marc.

Qui est Marc ?

       D’après les témoignages anciens, Marc est l’interprète de Pierre. Celui-ci, qui est comme nous allons le voir l’un des douze disciples de Jésus, est un pêcheur de Galilée. C’est donc un homme de condition humble qui ne parlait probablement que la langue locale, l’araméen. Dès lors qu’il se mit à prêcher à des foules étrangères, il a donc du prendre avec lui un interprète araméen/grec. Et il semble que cet interprète soit justement Marc.

Quoiqu’il en soit, ce qui est certain c’est que le récit que nous fait Marc provient de la prédication orale de Pierre.

Selon Marc

        Chaque évangile a un style particulier et s’adresse en premier lieu à un public précis. Dans le cadre de Marc, ce style peut se résumer en un mot : brièveté. C’est l’évangile le plus court. Là où certains épisodes peuvent occuper un chapitre en entier chez Matthieu, Marc les résument en quelques lignes, voire même parfois une phrase. Nous en verrons des exemples dès le premier chapitre. Quant au destinataire, il s’agit avant tout des païens, c’est-à-dire des non Israélites. C’est pour cela que l’auteur prend plusieurs fois le temps d’expliquer certaines coutumes israélites

«  Selon ce qui est écrit dans Esaïe, le prophète : Voici, j’envoie devant toi mon messager, Qui préparera ton chemin ;  C’est la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers. »

Les prophéties et les Ecritures

         Toutefois, le fait de s’adresser à des non-israélites n’empêche pas Marc de recourir régulièrement aux écrits bibliques (« l’Ecriture » ; « les Ecritures » : « les prophètes »), et nous en avons un exemple dès la deuxième de phrase du premier chapitre puisque l’auteur cite le prophète Esaïe. Le Livre d’Esaïe fait partie de ce que l’on appelle les quatre grands prophètes. Ici le terme de « grand » n’a pas une valeur qualitative, mais quantitative, il désigne les trois ou quatre livres prophétiques les plus longs. Outre Le livre d’Esaïe, il y a aussi Ezechiel, Jérémie, auxquels on peut ajouter Daniel. Ces prophètes vivaient à l’époque des rois d’Israël ou pour les plus récents au moment de l’exil à Babylone.

          Les évangélistes citent souvent les Ecritures pour montrer que Jésus ne vient pas de nulle part, mais qu’au contraire sa venue avait été annoncée par les prophètes. A cette époque les Judéens attendaient en effet le Messie, et les Juifs d’aujourd’hui l’attendent toujours.

 La prophétie d’Esaïe

        Toutefois, il ne faut pas se tromper sur le sens de la prophétie. Le « messager » de Dieu, car c’est Lui qui parle, n’est pas Jésus mais Jean. Dans cette prophétie, Jésus est le « Seigneur qui doit venir », mais avant sa venue un « messager », en l’occurrence Jean, doit d’abord préparer son chemin. En quoi consiste cette préparation ? Marc nous donne directement la réponse en nous décrivant l’activité de Jean, qu’on surnomme « le Baptiste ».

 « Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés.  Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.  Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il prêchait, disant : Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers. Moi, je vous ai baptisés d’eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit. »

 La mission de Jean a deux aspects principaux, avant de les examiner, attardons nous un peu sur la personne même de Jean.

Jean

       Luc, un autre évangéliste, nous apprend que Jean était en fait un cousin de Jésus, mais Marc ne dit rien à ce sujet. En revanche il nous décrit son mode de vie. Il vivait dans le désert, portait un vêtement de poils de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Cette description est plutôt celle d’un homme rustre qui visiblement ne s’embarrassait pas des commodités de la vie. Même si les mœurs de l’époque étaient quelque peu différents des nôtres, une telle personne devait quand même paraître étrange à ses contemporains. De l’aspect extérieur, il n’avait rien pour attirer les gens, et pourtant les gens venaient à lui. Etait-ce donc son discours qui était attirant ?

         La prédication de Jean, qui est développée par d’autres évangélistes, est ici résumée en une phrase : « Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés. ».

 Baptême, repentance et rémission des péchés

          Attardons nous sur les trois termes clefs. Jean baptise. Le baptême vient d’un mot grec qui veut dire « immersion » ou « plongeon », il désigne donc l’acte de plonger une personne dans l’eau, en l’occurrence ici le Jourdain, qui était le fleuve qui coulait dans ce désert. Marc nous précise que c’est un baptême de « repentance ». Se repentir, c’est reconnaître qu’on s’est trompé  et changer de chemin. Par cet acte concret, les personnes qui venaient à Jean, reconnaissaient donc que dans le passé elles avaient mal agi, elles avaient désobéi à Dieu. Cette désobéissance est ce que la Bible appelle un « péché », une faute envers Dieu. Mais dorénavant, elles voulaient arrêter de désobéir et à nouveau revenir vers Dieu et suivre ses commandements. Pour marquer ce tournant dans leur vie, elles se faisaient donc baptiser. Dieu, prenant acte de cet engagement, effaçait alors les péchés de leur vie passée.

         En effet, il est important de comprendre que le « baptême » n’est pas un acte magique en lui-même qui permettrait d’effacer les péchés par sa propre puissance. Cette « rémission des péchés », terme ancien pour dire « annulation » est liée à la repentance de la personne. C’est parce que la personne reconnaît que dans le passé elle a péché, mais qu’à partir de maintenant elle veut cesser de pécher, que Dieu efface ses péchés passés.

La venue du Messie

          « Il prêchait, disant : Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers. Moi, je vous ai baptisés d’eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit. »

        Mais Jean en plus de la repentance annonçait la venue d’une autre personne. Cette personne, que les Judéens attendaient, était le « Messie », qui veut dire « le oint » en hébreu. Nous verrons justement que ce Messie est Jésus qui arrive prochainement.

         Terminons simplement par un dernier détail : Jean oppose ici deux baptêmes, son baptême, qui est un baptême d’eau, et le baptême de Jésus, qui est un baptême du Saint-Esprit. Le baptême d’eau n’est donc pas à l’origine le baptême de Jésus, mais celui de Jean. Un baptême qui marque la repentance et permet la rémission des péchés. Nous verrons cependant qu’après la résurrection de Jésus, ce baptême prendra une autre signification que j’expliquerai le moment venu.

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5 réflexions sur “Evangile selon Marc Chapitre 1 versets 1 à 8

  1. « ….l’Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. »

    Le sujet est on ne peut plus clair ! Comme la divinité de Jésus-Christ, qui est affirmée ici d’emblée. 😉

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    • Bonjour !
      Parce qu' »il convient de faire ce qui est juste », a dit Jésus.

      Sinon, concernant le baptême : Rom.6v4-5, Col.2v12, 1 Pierre 3v21, Actes 2v37-40, Matt.28v19-20…

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