Les deux natures de Jésus

         Le 5ème siècle a été marqué par de nombreux débats autour de la personne de Jésus. Si presque tous les chrétiens reconnaissent que Jésus est Dieu, tous ne sont pas forcément d’accord sur le rapport entre l’humanité et la divinité de Jésus.

 Etat des lieux

      Deux conciles sont à retenir : le concile d’Ephèse (431) condamne la position de Nestorius et proclame Marie « Mère de Dieu », affirmant ainsi la pleine divinité de Jésus : Marie est mère de Jésus, Jésus est Dieu, donc Marie est Mère de Dieu.

     Le concile de Chalcédoine (451) condamne ensuite le monophysisme, qui tendait à oublier la nature humaine de Jésus au profit de sa seule nature divine. Ce concile affirme la pleine humanité de Jésus. Au terme de ces deux conciles, Jésus est donc reconnu comme Homme-Dieu : à la fois 100% homme et 100% Dieu. C’est ce qu’on appelle « le chalcédonisme » ou « dyophysisme ».

        Cette position est aujourd’hui partagée par les principaux courants du christianisme : le catholicisme romain, les confessions protestantes traditionnelles et l’orthodoxie de tradition byzantine. L’Eglise d’Orient n’a pas accepté le concile d’Ephèse. Les Eglises coptes, syriaques et éthiopiennes ont conservé le monophysisme, et l’Eglise arménienne a une position intermédiaire entre le monophysisme et le chalcédonisme mais est généralement classée avec les autres Eglises orthodoxes orientales.

 Jésus dans les Ecritures

Venons-en  au témoignage de l’Ecriture. Le passage clef est Philippiens 2 :

 « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ,  lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu,   mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme,  il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom,  afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »

 De ce passage nous pouvons tirer trois conclusions :

-avant son incarnation, Jésus est bien Dieu

-au moment de son incarnation, Jésus s’est dépouillé de sa divinité

-après sa résurrection il a été glorifié.

 Examinons maintenant les autres textes pour voir si ces points sont confirmés.

 La divinité de Jésus

Les évangiles font explicitement mention de la divinité de Jésus à deux reprises :

« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » Jean 1 : 1

« Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! » Jean 20:28

 Or que constate-on ? Dans le premier cas nous sommes avant son incarnation, dans le deuxième cas nous sommes après sa résurrection. Cela vient donc confirmer les points 1) et 3).

Jésus durant son ministère terrestre.

     En revanche, Jésus durant son ministère terrestre est toujours qualifié comme un simple homme. Nous le voyons aussi bien par ses propres paroles, que par les discours de ces disciples.

« Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul. » Matthieu 24 : 36

« Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle?  Jésus lui dit: Pourquoi m ‘appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. » Marc 10 : 17-18

 Dans ces deux cas, Jésus marque clairement une différence entre Lui et le Père. Cela est encore confirmé par Pierre :

 «   Hommes Israélites, écoutez ces paroles! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes;  cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies.  Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. » Actes 2 : 22-24

Notons bien que Pierre ne parle jamais « d’Homme-Dieu », mais bien d’un homme, un simple homme … par qui Dieu agit.

Regarde maintenant le principal argument de la position chalcédoniste : les miracles de Jésus.

 La source des miracles

Cet argument s’appuie sur les miracles. Les miracles que Jésus a effectué viendraient de sa nature divine et prouveraient donc que Jésus est Dieu. Mais cette affirmation est contredite par les Ecritures : dans le passage précédemment cité (Actes 2), Pierre affirme très clairement que les miracles ne proviennent pas de Jésus mais de Dieu qui agit au travers de Lui (Jésus).

 « Hommes Israélites, écoutez ces paroles! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’Il (Dieu) a opérés par lui (Jésus) au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes » Actes 2 : 22

 Par ailleurs, tous les types de miracles réalisés par Jésus l’ont déjà été par des prophètes de l’Ancien Testament, et Jésus ordonne à ses disciples de faire la même chose.

 « Puis il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création.  Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.   Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; ils saisiront des serpents; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris. » Marc 16 : 15-18

 Importance et conséquences

Venons en maintenant à l’importance de reconnaître Jésus comme homme. En quoi cela concerne-t-il le chrétien ?

Jésus comme modèle

      Jésus est l’image parfaite de Dieu. Si son comportement parfait venait de sa nature divine, comment pourrions-nous l’imiter ? En réalité Jésus a été pleinement humain et il a connu toutes les tentations, alors que Dieu ne peut pas être tenté.

 Jésus a été parfait, car il a parfaitement obéi à Dieu et qu’il était parfaitement uni avec le Père. Le Père a donc pu pleinement se manifester en Lui.

 « Jésus donc leur dit: Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m’a enseigné.  Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Jean 8 : 28-29

 « Moi et le Père nous sommes un. » Jean 10:30

 C’est à cette même union et cette même perfection que Jésus appelle chaque chrétien :

[Jésus prie Dieu et parle de ses disciples, les chrétiens] « Sanctifie-les  par ta vérité: ta parole est la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde.  Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité.  Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » Jean 17 : 17-21

 Conclusion

 « Or, vous le savez, Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n’y a point en lui de péché.  Quiconque demeure en lui ne pèche point; quiconque pèche ne l’a pas vu, et ne l’a pas connu. Petits enfants, que personne ne vous séduise. Celui qui pratique la justice est juste, comme lui-même est juste. Celui qui pèche est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les oeuvres du diable. Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu.. C’est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, non plus que celui qui n’aime pas son frère. » 1 Jean 3 : 5-10

 Le chrétien est appelé à la perfection, mais cette perfection n’est pas possible par les seules forces humaines. Voilà pourquoi Jésus nous révèle son « secret » :

« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jean 15:5

 En réalité, il est capital de comprendre que sur Terre, durant son ministère, Jésus était un simple homme, et que c’est toujours en tant qu’homme qu’il a agi. S’il a été parfait, ce n’est pas parce qu’il était Dieu, mais parce qu’en tant qu’homme, il a toujours laissé Dieu pleinement  agir en Lui.

Voilà le cœur de son message, voilà « l’essence du christianisme ».

Version vidéo

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29 réflexions sur “Les deux natures de Jésus

  1. Remarquable!
    Cela m’éclaire vraiment sur un point qui était resté flou pour moi, et pour le reste cela confirme des choses dont j’avais déjà pris conscience.
    Je suis admiratif de la sagesse et de la révélation que Dieu te donne malgré ta jeunesse.

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    • Je suis contant pour toi Désiré Rusovsky, C’est ce que je voulais t’expliquer et que tu n’étais pas d’accord avec moi. Finalement, tu as compris. Mais la prochaine fois, au lieu de te fâcher sur moi, essaie de comprendre ce qu’on te dit. Que Dieu puisse te bénir et t’aider à grandir dans la révélation Shalom. Petrola Gianluca.

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  2. Pingback: Les deux natures de Jésus | Glanures

  3. – Merci David pour cette belle étude. Ceci montre bien que Jésus était un homme à 100% bien que celui-ci soit un autre lui-même de Celui qui est Dieu le Père, puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu lequel nous a sauvé en Fils venant en chair (Jean 1.1 et 14; 14.9a; 1 Jean 5.20) pour mourir sur la croix en devenant malédiction pour nous (Gal 3.13) en sorte que ce châtiment (Isaac 53.5) nous donne la paix avec Dieu et que nous soyons ainsi réconciliés avec Dieu par cette mort de Jésus (Rom 5.10). C’est donc parce que Jésus est devenue homme à 100%, qu’il a pu accomplir ce qui suit :

    Jean 1.1, 14 : « -Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. ….(14) Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. »

    Jean 14.8, 9 : « Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. (9) Jésus lui dit: Il y a si longtemps que JE suis avec vous, et tu ne M’as pas connu, Philippe! … »

    1 Jean 5.20 : « Or nous savons que le Fils de Dieu est venu, et il nous a donné une intelligence afin que nous connaissions le Véritable, et nous sommes dans le Véritable, [savoir] dans son Fils Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle. »

    Galates 3.13 : « Christ …étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois, »

    Esaïe 53.5 : « Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, »

    Romains 5.10 : « …nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils,… »

    Romains 6.23 : « Car le salaire du péché, c’est la mort »

    2Corinthiens 5.21 : « Celui (Jésus) qui n’a point connu le péché, il (Dieu) l’a fait devenir péché pour nous, … »

    Romains 5.8 : « …Christ est mort pour nous. »

    Romains 6 : 8 : « …nous sommes morts avec Christ »

    Romains 6.7 : « …celui qui est mort est justifié (litt.) du péché. »

    Romains 8.1, 3, 34 : « -Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus Christ. …(3) Car… Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant,… son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, …(34) Qui les condamnera (les élus) ? Christ est mort;)

    – J’ai également regardé les deux vidéos de l’émission du « Talk show… » où http://actualitechretienne.wordpress.com/2013/11/11/talk-show-18-30-ans-on-en-parle-sans-tabou-amour-sexe-drague-mariage/
    Il est regrettable qu’ils ne vous aient pas laissé parler plus longuement, car que sert les raisonnements humains si on cherche à mettre la Parole de Dieu dans la Bible de côté !

    – Au cas où quelques-uns voudraient approfondir « 1 Jean 3 », soulignons qu’en « 1 Jean 3.9 », le mot « naître » est le mot « générer » dans le grec (génnaô). Ce mot grec est tantôt traduit par « engendrer » (Mt 1.2), « concevoir » (Mt 1.20) et par « naître » (Mt 2.1; 2.4).
    Par ailleurs, le mot « pratiquer » en « 1 Jean 3.7 et 9 » n’est pas dans le grec, mais c’est le mot « faire » (Mt 1.24; 9.28; 12,3; etc.) dont certaines versions le traduisent par « commettre » en « 1 Jean 3.9 ».

    En faisant correspondre le temps « parfait » du grec (qui n’existe pas en français) par un « passé composé » en français, on aurait cela à partir du grec original en mot à mot pour « 1 Jean 3.6″:
     » Tout le dans lui demeurant pas pèche ; tout le péchant pas a vu lui ni a connu lui .  »

    Mais en faisant correspondre le temps « parfait » par un « présent » en français pour avoir la pensée correcte dans le contexte de ce verset, on a ceci :
     » Tout le dans lui demeurant pas pèche ; tout le péchant pas il voit lui ni il connait lui .  »
    Autrement dit : « Quiconque demeure en lui ne pèche pas ; quiconque pèche ne le voit pas ni ne le connait pas. »

    http://biblehub.com/interlinear/1_john/3-6.htm

    En supposant qu’aujourd’hui on est le 10 janvier, si je dis « la machine est brisée » (sous-entendu qu’elle a brisé le 7 janvier), et que le verbe est au temps « aoriste » (en grec) alors cela indique qu’à un moment donné dans le passé « la machine a brisé », c’est-à-dire qu’elle a brisé le 7 janvier, mais elle peut aussi bien avoir demeuré brisé jusqu’à maintenant le 10 janvier, ou avoir été réparé hier le 9 janvier.
    Par contre, si le temps du verbe « briser » est au temps « parfait », cela indique que la machine a continué de demeurer brisé jusqu’à maintenant où je le dis le 10 janvier, mais cela n’empêche pas que cette même machine peut avoir aussi été brisé trois jours avant le 7 janvier (donc le 4 janvier) et qu’elle ait été réparé le lendemain le 5 janvier et qu’en fin de compte elle fonctionnait bien le 6 janvier.
    Ainsi (au temps « parfait »), celui qui pèche indique qu’il est tombé dans le péché depuis un moment donné dans le passé et qu’il y est demeuré jusqu’à maintenant.
    Ainsi (au temps « parfait »), celui qui pèche, depuis ce moment-là il ne voit pas le Seigneur, car personne ne verra le Seigneur se manifester au travers lui par le Saint-Esprit s’il n’est pas sanctifié par l’Esprit dans sa marche.

    Jean 3.3 : « Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut VOIR le royaume de Dieu. »

    Romains 14.17 : « Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. »

    Hébreux 12 : 14 : « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne VERRA le Seigneur. »

    1 Pierre 3.15 : « Mais sanctifiez dans vos coeurs Christ le Seigneur, »

    2 Thessaloniciens 2.13 : « …par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. »

    Par contre, tout oeil le verra au dernier jour.

    Apocalypse 1.7 : « Voici, il vient avec les nuées. Et tout oeil le VERRA, même ceux qui l’ont percé; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui. Oui. Amen ! »

    Donc, au temps « parfait », ne pas le connaitre, c’est ne pas avoir présentement de communion intime par l’Esprit depuis un certain temps dans le passé. Pour le mot « connaître », par exemple, bien que Joseph connaissait Marie intellectuellement, il ne la connaissait pas intimement (sexuellement) avant que Jésus ait été enfanté. Le mot « connaître » indique ici une communion intime.

    Matthieu 1.25 : « Mais il (Joseph) ne la (Marie) connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus. »

    Donc, on pourrait dire que le temps « parfait » indique une action présente qui a débuté à un moment donné dans le passé, ou une action passée dont la conséquence dure jusqu’à maintenant. Ce qui signifie (au temps « parfait) que celui qui ne « connait pas » le Seigneur maintenant (depuis un certain temps) peut quand même l’avoir « connut » dans le passé avant cela, avant de cesser de le « connaître » (temps parfait) par la suite jusqu’à maintenant. Donc, un croyant qui « connaissait » (temps aoriste en grec) le Seigneur (donc qui avait communion avec le Seigneur) dans le passé, peut aussi bien par la suite dans le passé avoir cessé de le « connaître » (cessé d’avoir communion avec Lui) jusqu’à maintenant (indiqué par le temps « parfait »). Ainsi, cela ne veut pas dire que ce croyant n’a jamais été sauvé dans le passé ou qu’il n’a jamais « vu » ou « connut » le Seigneur spirituellement dans le passé, mais le temps « parfait » indique plutôt qu’il n’est plus dans cet état de communion avec le Seigneur depuis un certain temps jusqu’à maintenant. C’est pourquoi, en « 1 Jean 3.9 », les verbes « voir » et « connaître » sont mieux rendu au « présent », car en les accordant au « passé » ils sont sujet à la confusion pour les lecteurs en français.

    rh

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    • c est une conclusion hâtive que de dire que parce que Jésus est de nature ou d ‘essence divine alors il est Dieu . En effet Satan n’est il pas lui aussi le dieu de ce système de choses ;;donc il ne faut pas confondre une nature ou un état et une position. les écritures montent que Jésus ne sait jamais fait l’égal du Père et que malgré leur union et leur symbiose ils sont deux êtres distinct; Il faut aussi prendre en compte qu’au 4 eme siècle l’apostasie était très développé et l’influence de la pensée grecque prépondérante . Pourquoi Dieu , le Père ou son Fils auraient révélé ou aidé des enseignements à des personnes qui vivaient en contradiction avec l’essence de l’esprit du christianisme ? Et pourquoi Jésus n’a t il jamais parlé de  » trinité » ?

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  4. Bonsoir.

    La question « des deux natures » du Seigneur Jésus est un vieux débat. Plutôt casse-gueule, d’ailleurs, avec les dérives observées : faire de Jésus un simple homme, « obéissant » et « modèle à suivre »-option « humaniste » ou insister exclusivement sur la divinité de Jésus, faisant de lui une personne désincarnée-option gnostique(je simplifie, mais il me semble qu’en gros ce soit cela)

    Heureusement, le premier chapitre de l’épître aux Hébreux évite ce double écueil en affirmant que Jésus-Christ est « bien plus » qu’un « prophète » et même supérieur aux anges : Il est « Fils »(v2)
    Et puisqu’il est Fils (v2-3), Il est « héritier de toutes choses » : tout lui appartient ; Il est souverain et contrôle toute chose. :Ainsi dans les Evangiles, Jésus a-t-il subi la passion, la croix ? Evidemment que non, puisqu’il anticipait et contrôlait tout : il annonce plusieurs fois sa mort et sa résurrection et affirme notamment « je donne ma vie, j’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre », cf Jean 10)

    Il est « le resplendissement de sa gloire… » : Celui qui rend visible et accessible le Dieu invisible (1 Tim.6v16 ; Jean 1v8-9, 18 ; 1 Jean 1v5)
    « …et l’empreinte de sa substance » : Christ n’est donc ni un « fantôme », ni un simple et pur « reflet de Dieu ». Il est « l’empreinte de (la) substance (de Dieu) », cad Sa manifestation réelle sur Terre(« Christ manifesté en chair », « le Dieu véritable », cf Jean 1v14 et 1 Jean 1v1-2, 4v2-3, 5v20), le « caractère »(cf une empreinte qui laisse une marque, un « signe gravé ») qui montre « les marques » du Père(Son amour, Sa sainteté…)

    Ensuite, parce que Christ a été « fait chair », « on aurait pu croire » qu’il était « en dessous » des anges. Or, Hébreux 1 nous apprend encore autre chose d’intéressant sur le Fils, par rapport aux anges : Il est « plus excellent que les anges »…. »a reçu un nom plus excellent qu’eux »(v4)cf Phil.2v8-10
    On n’adore pas les anges(Cf Apoc. 19v10 ; 22v8-9 ; col.2v18) Et eux-mêmes doivent adoration au Fils(cf Ps.89 et 97), nous précise encore Hébreux 1.

    Et contrairement aux anges, Jésus est considéré par Dieu(v5, 8-10) comme Son Fils, Son égal(Hébr.1v5, citation de 2 Sam.7v14 et Ps.2v7). Il est appelé « Dieu » par Dieu, « Roi », « juste », « bienheureux »(cf Ps.45, 102, 104). Alors que Dieu a pourtant affirmé qu' »Il ne donnerait pas Sa gloire à un autre »(Es.42v8). Et cette égalité a été affirmée par Jésus sur Terre, contrairement à ce qui a été affirmé ici : il suffit de lire Jean 5v18 ; 8 ; 10v30 et ss.
    Sur la Terre, Il a pardonné les péchés, prérogative de Dieu seule(cf Marc 2) et ses miracles montrent qui Il est. Il discerne aussi les pensées des personnes(Matt.9v1-8)….

    etc…

    Bref, il me semble que les conclusions de cet article aurait pu être autres, si vous aviez pris en compte de nombreux autres passages(pas seulement quelques-uns dans les évangiles ou un ou deux dans le NT) qui invalident(c’est ma conclusion) votre théorie.

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  5. Pingback: La nature de Jésus à la lumière de la Croix | Philochristos

  6. Ton étude des textes concernant le grand mystère de la double nature de Christ est très incomplète et tronquée et tu arrives à une position hérétique en posant que, dans l’incarnation, Dieu ne serait pas en chair, contredisant les nombreux textes qui le disent comme « Dieu était en Christ réconciliant le monde avec lui-même » et l’affirmation du Fils : « Moi et le Père nous sommes un (ce qui est un présent éternel) ».
    Je t’invite à plus de modestie et à approfondir sérieusement l’étude de la Parole de Dieu pour qu’elle redresse tes pensées formulées à la hâte.

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    • Bonjour Jean-Louis,

      Mon étude n’est pas tronquée, mais ma publication est incomplète. Cela est lié au format du blog où je publie article par article.

      En réalité, le problème de ta position, qui est aussi celle des Pères chalcédonistes, est que tu ne fais pas la distinction entre « essence » et « nature », ce qui sera justement l’objet du prochain article.

      Dans cet article il est question de la nature de Jésus et non de son essence. Sur Terre, Jésus est d’essence divine mais de nature humaine. En ce sens je ne nie pas qu’il soit « Dieu en chair » (j’ai d’ailleurs fait plusieurs articles sur ce sujet), même si les versets que tu cites ne sont en réalité pas les plus pertinents pour cette affirmation.

      Bonne journée,

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  7. bonjour, bonsoir

    Avez vous deja entendu parler de Mr Michel benoit ,il publie des ouvrages interresants sur la vie de Jesus .
    il a entre autre ecrit ;l évangile du treizieme apotre, Jesus mémoire d’un juif ordinaire ou dans le silence des oliviers. Si vous connaissez cet auteur jaimerais bien connaitre votre position, par rapport a ses livres

    cordialement

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    • Bonsoir ababakre et bienvenue sur ce blog.

      Merci pour ton message. Non, je ne connais pas ces livres, ni cet auteur, et je vais être honnête, en ce moment j’ai déjà beaucoup de lectures à faire.

      Mais je garde bien ton message en mémoire et je tacherai de lire ces livres dès que j’aurai un peu plus de temps.

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  8. Pingback: Vers une nouvelle Réforme | Philochristos

  9. Bonjour David,

    Après avoir lu ta note, j’en conclus que, la Divinité de Jésus-Christ, tu n’y crois pas ? Car, si j’ai bien compris, l’agir du Christ est pleinement humain… Tu insistes, pour le prouver, sur le ‘Jésus-Homme’ employé par l’apôtre saint Pierre. Et aussi, chose étrange, très étrange, Jésus avant l’incarnation, tu le soulignes, est Dieu (Hymne aux Philippiens II) et que par conséquent il a laissé la Dinité de côté pour s’Incarner ? Corrige-moi si je viens à dformer tes dires…

    Comment, à partir de là, vois-tu l’être de Jésus après sa résurrection. Puisque tu affirmes que Jésus est Dieu, seulement AVANT l’Incarnation, et seulement après la Résurrection (Thomas : ‘Mon Seigneur et mon Dieu !)…?

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    • Bonsoir ,
      Pas exactement. En fait l’article doit se lire en complément d’un autre article où je propose de distinguer essence et nature :
      https://philochristos.wordpress.com/2013/11/28/essence-nature-et-matiere/

      Avant l’Incarnation, « Jésus » est d’essence divine et de nature divine.
      Au moment de son incarnation, il se dépouille de sa nature divine pour revêtir une nature humaine. Sur Terre, Jésus est donc d’essence divine et de nature humaine.
      Je ne nie pas la divinité de Jésus, mais je la mets sur un plan différent de son humanité.

      En ce sens je propose plus un approfondissement de la doctrine de Chalcédoine, qu’une véritable remise en cause. En effet les Pères chalcédoniens qui avaient bien affirmé l’humanité et la divinité de Jésus, n’ont pas fait la distinction entre essence/nature et en sont donc venus à affirmer deux natures.

      Or une telle conclusion me parait théologiquement insoutenable et en contradiction même avec d’autres affirmations doctrinales, et notamment les 12 anathèmes de Cyrille d’Alexandrie qui affirment clairement qu’on ne peut pas séparer la personne du Christ en attribuant des actions à son humanité et des actions à sa divinité. C’est pourtant ce que fait la doctrine classique en affirmant que sur Terre certaines de ses actions proviennent de son humanité et d’autres de sa divinité.

      Je soulève notamment la question à propos de la mort de Jésus sur la croix : https://philochristos.wordpress.com/2013/11/23/la-nature-de-jesus-a-la-lumiere-de-la-croix/

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      • Bonjour,

        Bien merci David pour la précision. Je pense avoir compris, sauf que je me suis sans doute mal exprimé. Cependant, il est évident que, si théologiquement cela te ‘paraît’ peu soutenable, métaphysiquement, ta position pèche… De surcroît, la lecture christologique de Philippiens 2 est erronée, car elle vient de ce fait buter contre la christologie Johannique – qui elle ne laisse aucun doute ; expurgée de toute ambiguïtés.

        Lorsque tu affirmes que tu proposes un appronfondissement de Chalcédoine, je suis tenté de dire que Chalcédoine ne demande pas vraiment d’approfondissement… d’autant plus que dans un autre article où tu parles de Chalcédoine et sa thèse, tu n’étales pas complètement le Concile, ce qui te permet d’arriver à une conclusion un peu faussée – à cause du simple fait que nombre d’éléments d’une imortance capitale n’ont pas été abordées. De fait, ce n’est pas Chalcédoine qui demande un approfndissement, mais c’est bien s. Cyrille d’Alexandrie… car tu restes campé sur les 12 anathémismes de s. Cyrille : ‘On ne peut pas séparer la personne du Christ en attribuant des actions à son humanité et des actions à sa divinité’…

        C’est s. Cyrille qui demande l’approfondissement… Tu devrais, je pense, re-considérer ta position.

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        • Bonsoir Henry,

          Je compte faire quelques articles historiques sur les conciles, en attendant je n’ai proposé qu’un résumé des points clefs, évidemment je n’ai pas été exhaustif, je pense cependant avoir dit le plus important :
          quels sont selon toi les « éléments d’une importance capitale n’ont pas été abordé » ?

          Concernant ta remarque sur la « christologie johannique », à quel(s) passage(s) penses-tu ?

          Et ur Cyrille en quoi sa position mériterait un approfondissement ?

          Enfin pour poser la question différemment : selon toi, lorsque Jésus est mort sur la croix, quelle(s) nature(s) a/ont souffert ? Sa nature humaine ? Sa nature divine ? Les deux ?

          Bonne soirée,

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  10. bonsoir

    La divinisation d’un homme était inimaginable en contexte juif : c’est la 2e génération chrétienne qui a progressivement transformé le fils de Joseph en Dieu, né de Dieu. Mais la Palestine au temps de Jésus était en contact avec les religions gréco-romaines et orientales qui divinisaient toutes des héros mythiques. Une rencontre que fait Jésus n’a donc rien d’étonnant, là aussi il faut la lire chez Marc car Matthieu et Luc modifient subtilement le texte.
    Quelqu’un s’agenouille devant lui et lui demande : « Maître, toi qui es Le Bon, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? »
    Sachez que c’était l’habitude, quand on rencontrait un ‘’maître’’ en Israël, de lui poser cette question – plus tard, elle sera reprise par les Pères du Désert. Mais notez la façon dont l’homme appelle Jésus : Didascale àgathé, c’est une apposition qu’il faut traduire comme je l’ai fait « toi qui es Le Bon », et non pas « bon maître ». Et j’ai mis des majuscules, car ‘’Le Bon’’ était l’une des façons dont le judaïsme nommait Celui dont le nom ne peut pas être prononcé – on disait aussi ‘’la Puissance’’, ‘’la Gloire’’, etc.
    Autrement dit, l’homme donne spontanément à Jésus un nom divin, ‘’Le Bon’’. Et lui, avant de répondre posément à sa question, réagit vivement : « Pourquoi m’appelles-tu ‘’Le Bon’’ ? Nul n’est ‘’Le Bon’’ si ce n’est l’Unique, Dieu » (Mc 10,17).
    Dans ce passage comme dans d’autres, Jésus refuse nettement, catégoriquement, d’être pris pour un Dieu.

    au faite avez vous entendu parler de Michel benoit ?

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  11. Il y aurait beaucoup à dire sur l’insuffisance de cet article (sur les plans scripturaire, métaphysique, exégétique…). Prenons un ou deux points seulement :

    1. Sur le plan scripturaire :

    Mmm… par où commencer ? Par le mauvais emploi du « secret messianique » en Marc qui prouverait que Jésus n’est pas voulu montrer qu’il est Dieu ? Quid des titres divins attribués au Christ (dans les Evangiles, dans l’Apocalypse) ? Par l’interprétation qui est faite encore sur Philippiens 2 ? Sur l’impasse qui est faite du livre de l’Apocalypse ? Arrêtons-nous aux miracles :

    Ce ne sont pas les miracles en soit qui « prouvent » la divinité du Christ, mais la nature particulière de ces miracles. Jésus commande à la mer, au vent, aux démons… Dans le monde sémitique, ces attributs étaient considérés comme divins.

    Faut-il rappeler que Jésus pardonne les péché ? Ce détail seul est suffisant pour démontrer sa spécificité.

    Jésus « fait » ces miracles sans intermédiaire, en son nom propre, contrairement aux prophètes de l’A.T.

    En son nom propre… Impensable en monde juif, où seul le nom de Dieu peut être invoqué (une fois par an, par le grand prêtre, pour la cérémonie du Grand Pardon).

    2. Sur un plan purement métaphysique :

    La théorie d’un Dieu, puis homme uniquement, puis Dieu à nouveau, ne tient pas. Sauf si l’on évacue une philosophie basée sur le réalisme bien entendu. Dans votre théorie, il n’y a pas de continuité dans l’être, celui-ci perdant les qualités qui lui sont propre.

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    • Bonsoir Oliver et bienvenue sur ce blog.

      En général, je publie toujours les articles sous forme de séries. As-tu eu l’occasion de lire les autres articles de cette série ?

      il me semble en effet que tu n’as pas totalement compris ma position, et je pense notamment que cet article répond à ton objection métaphysique :

      https://philochristos.wordpress.com/2013/11/28/essence-nature-et-matiere/

      Je te conseille aussi celui-là :

      https://philochristos.wordpress.com/2013/11/23/la-nature-de-jesus-a-la-lumiere-de-la-croix/

      Comment résous-tu cette contradiction ? Si les deux natures ne peuvent être séparées, comment expliques-tu que seule la nature humaine ait soufferte sur la croix ?

      A l’occasion, je ferai un autre article pour répondre aux diverses objections soulevées, car aucune n’est décisive. Mais pour répondre rapidement

      a) Josué a aussi commandé directement au Soleil … ce qui est bien plus impressionnant que la mer ou le vent, doit-on en déduire qu’il était Dieu ?

      b) Les disciples ont aussi le pouvoir de pardonner les péchés.. Sont-ils aussi Dieu ?

      c) Jésus ne fait aucun miracle, Pierre est très clair, c’est Dieu qui agit en lui. (cf le verset cité)

      Bonne soirée,

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      • DV a écrit : « Il me semble en effet que tu n’as pas totalement compris ma position, et je pense notamment que cet article répond à ton objection métaphysique … »

        Je commence à lire et je tombe sur… ça :

        DV a écrit : « L’essence est l’être même de la personne, la nature est l’expression extérieure de cet être qui permet à la personne d’interagir avec le monde. La matière ou le corps est la partie visible, sensible (perceptible par les sens) de la nature. »

        Effectivement je comprends mieux : vos définitions des mots « nature » et « essence » n’ont pas grand chose à voir avec celles employées dans les grands conciles christologiques.

        Mais du coup, quel sens à votre article ? Puisqu’il s’agit justement de remettre en cause les une union des « natures » telle que peuvent les comprendre ces conciles ? En tant qu’étudiant en histoire, vous n’êtes pas censé reprendre les termes employés par un écrit dans leur contexte ?

        Donc, non : je ne vais pas m’engager sur un terrain où vous redéfinissez des termes philosophiques ou théologiques à votre manière. Pour ce qui est d’une définition exacte de ces termes, il y a des manuels pour ça.

        DV a écrit : « Josué a aussi commandé directement au Soleil… »

        A priori… non. Dans le verset sugéré (Js 10, 12), Josué intercède explicitement auprès de Dieu :

        « C’est alors que Josué s’adressa à Yahvé, en ce jour où Yahvé livra les Amorites aux Israélites. Josué dit en présence d’Israël : « Soleil, arrête‐toi sur Gabaôn, et toi, lune, sur la vallée d’Ayyalôn ! »  »

        DV a écrit : « b) Les disciples ont aussi le pouvoir de pardonner les péchés.. Sont-ils aussi Dieu ? »

        Les disciples pardonnent les péchés au nom de Jésus, sous l’égide de Jésus, comme je le disais plus haut. Il faudrait revoir un peu vos classiques :

        Luc 24, 46-47 : « Ainsi est‐il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et qu’en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. »

        Jean 20, 21-23 : « Il leur dit alors, de nouveau : « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »  »

        DV a écrit : « c) Jésus ne fait aucun miracle, Pierre est très clair, c’est Dieu qui agit en lui. (cf le verset cité) »

        Litéralement « à travers lui » (δι’ αὐτοῦ)… comme le pose déjà le prologue de saint Jean (Jn 1, 3). Ce qui signifie une participation du Christ dans son mode propre. Dans ce que je lis je ne vois rien d’autre qu’un mode opératoire différent selon les personnes de la Trinité. Tout a été créé/discerné par Dieu à travers le Verbe, et cette action continue dans l’Incarnation.

        Salutation

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        • Bonjour Olivier,

          Si j’ai commencé cette série, c’est justement parce que je pense que la définition actuelle pose des problèmes que j’ai notamment soulevés dans le deuxième lien que je t’ai soumis. Par exemple, comment concilies-tu les deux affirmations suivantes ?

          a) Jésus est composé de deux natures (« 100% Homme et 100% Dieu ») et on ne peut pas introduire une séparation dans la personne de Jésus (auquel cas on tombe dans le nestorianisme)
          b) Et pourtant seule la nature humaine de Jésus a soufferte sur la croix

          Il me semble que ces deux propositions sont contradictoires, car en affirmant que seule la nature humaine de Jésus a soufferte sur la croix, on introduit précisément une séparation dans la personne de Jésus.

          Pour répondre à ta question, je te dirais simplement qu’un mot a le sens qu’on lui donne. Aujourd’hui la théologie trinitaire est fondée sur la distinction entre « hypostase » et « ousia », mais ce n’est certainement pas à quelqu’un comme toi, qui visiblement connait bien les Pères de l’Eglise, que je vais apprendre que cette distinction claire n’est que très tardive. Sauf erreur de ma part, elle date des Pères Cappadociens et leurs prédécesseurs utilisaient souvent ces deux termes comme des synonymes.

          De la même façon aujourd’hui les termes de « nature » et « essence » sont utilisés comme des synonymes, or je pense qu’il pourrait être pertinent et intéressant d’établir au contraire une distinction entre ces deux mots, en affinant leur sens. C’est l’objet de cette série.

          Pour ce qui est de tes remarques :

          a) Les deux faits ne sont pas exclusifs, Josué s’est adressé à l’Eternel, mais il commande aussi directement au Soleil et la Lune.

          Jésus et les disciplines agissent de même :

           » Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit: Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé. Pour moi, je savais que tu m’exauces toujours; mais j’ai parlé à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. Ayant dit cela, il cria d’une voix forte: Lazare, sors! Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d’un linge. Jésus leur dit: Déliez-le, et laissez-le aller. » Jean 11 : 41-44

          b) Les versets que tu cites pour le pardon des péchés confirment ce que je disais : Jésus a le pouvoir te pardonner les péchés parce qu’Il a été envoyé par Dieu, de la même façon, les disciples héritent de ce pouvoir car ils sont à leur tour envoyés par Jésus. Tout vient donc du Père.

           » Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils » Jean 5 : 22

          Le Père a remis le jugement au Fils, qui à son tour le confie à ses disciples.

          c) Cette participation de Jésus ne diffère en rien de la participation de chaque croyant qui sont aussi participants de la nature divine (2 Pierre 1 :4) . Comme Dieu a agi en Jésus, il agit aussi en chaque croyant. C’est pour cela que Jésus peut affirmer à ses disciples « Vous ferez les mêmes oeuvres que moi et de plus grandes encore ». Si les oeuvres de Jésus provenaient de sa nature divine, une telle affirmation serait impossible.

          « Moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean; car les oeuvres que le Père m’a donné d’accomplir, ces oeuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c’est le Père qui m’a envoyé. » Jean 5 : 36

          « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père » Jean 14 : 12

          Bonne journée,

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          • Avant d’être une dissertation théologique, cette question est pour moi un donné de foi, difficile à appréhender certes. Mais pour ce qui est du Donné Révélé l’Ecriture est claire à ce sujet. C’est en tout premier lieu sur ce point que votre argumentation s’effondre. C’est donc sur celui-ci que je m’attarderai.

            Votre expositions des péricopes montre une connaissance de la Bible pour le moins partielle je trouve. Une péricope expose un thème… et pose bien souvent les conséquences en lien avec ce thème. Un livre peut insister sur tel point, ou sur tel autre, avec parfois, certes, une forme similaire :

            – La manière dont s’accomplit le miracle chez Josué n’est pas la pointe du passage mentionné. Dans le cas des miracles de Jésus, ce qui pose problème à ses contemporains n’est pas qu’il en produise, mais qu’il le fasse avec autorité. Il est bien entendu que tout ce que fait le Fils, il le fait en coopération – que dis-je – en communion parfaite avec le Père… sous son mode propre, comme je le disais précédemment.

            – Idem pour ses enseignements (ex. Luc 4, 32). Ce qui choque un Jacob Neusner dans le Sermon sur la Montagne (cf. Un rabbin parle avec Jésus, Cerf, 2008) n’est pas que Jésus puisse commenter la Torah, et même la critiquer. D’autres l’ont fait avant lui. C’est qu’il le fasse en son nom propre : « On vous a dit (donc Dieu), je vous dis… ». Jésus EST la nouvelle Torah. Comment imaginer une telle chose s’il n’est pas Dieu ?

            C’est cela qui fait la spécificité du Christ, la raison pour laquelle il se mettra finalement ses coreligionnaires à dos. Jésus n’est pas un rabbin comme les autres, il donne à voir d’être Dieu. La manière d’opérer du Christ lui est spécifique, les Evangiles la distingue clairement de tout autre acteurs. Tant que vous ne prendrez pas ce donné en compte, vos arguments ne porterons pas au-delà de l’intérêt porté par quelques blogueurs.

            Bien entendu, cette distinction entre forme et sens, que tout débutant en exégèse connaît (en licence de français aussi bien sûr et, j’ose l’espérer, en histoire) vaux aussi pour le pardon des péchés.

            Il y aurait beaucoup à dire sur certains des titres attribués au Christ : « Fils de Dieu », « Fils de l’homme »… Titres que Jésus revisite pour leur donner une définition qui lui sera propre, divine. En particulier pour le deuxième. Pour l’exposition et l’origine de ces titres, je renvoie aux commentaires d’exégèse.

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          • Bonsoir Olivier,

            Je constate que vous esquivez la question principale, ce qui ne fait que confirmer que la position actuelle de l’Eglise est une impasse.

            Pour ce qui est des autres points que vous soulevez, j’y répondrai lorsque je reprendrai cette série.

            Bonne soirée,

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          • J’esquive la question principale car, avant de vous la poser, vous devez déjà répondre de vos incohérences scripturaires. Je vous laisse donc à vos réflexions.

            Avant de partir, quelques références sérieuses en lien avec le sujet :

            – Richard Baukham, La théologie de l’Apocalypse, Paris, Cerf, 2006 (un peu d’exégèse, on y trouvera des réflexions intéressante sur la divinité de l’Agneau, une divinité… intemporelle).

            – Bernard Sesboüé, Jésus-Christ dans la tradition de l’Eglise, Paris, Desclée, 1982 (un parcours historique des conciles christologiques, une référence en la matière).

            – Jean-Miguel Garrigues, Dieu sans idée du mal, Desclée, 1997 (en marge du thème principal du livre, donnera un aperçu des rapports entre le Père et le Fils, l’égalité entre les personnes divines n’exclue pas la possibilité d’une différence)

            – Jean-Miguel Garrigues, Le dessein divin d’adoption et le Christ Rédempteur, À la lumière de Maxime le Confesseur et de Thomas d’Aquin, Paris, Cerf, 2011 (directement en lien avec votre question).

            Et bien sûr n’importe quel manuel de base ou dictionnaires permettant de se renseigner sur les nom divins attribués au Christ.

            Salutation

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          • Bonjour Olivier.
            Je vois mal comment on peut prétendre être cohérent d’un point de vue scripturaire et aboutir a une conclusion contradictoire.

            Vous mettez la charrue avant la bœuf, si vous arrivez a une conclusion absurde, il faut plutôt interroger votre raisonnement.

            Mais je vous remercie néanmoins pour les références , que j’ajoute a ma liste de lectures.

            Bonne journée 🙂

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  12. Bonsoir !
    Voici un mot pour Olivier : monsieur, je vous remercie pour vos excellentes et patientes interventions, fort édifiantes et pertinentes. Elles sont réjouissantes et j’ai eu du plaisir à les lire.
    Soyez encouragé et béni !
    En Christ,

    Pep’s

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  13. Comme je l’avais déjà souligné, à mon avis l’article est très incomplet ! Et la conclusion à laquelle il aboutit n’est que normale ! Puisque citer l’évangile selon s. Marc sans toutefois noter que cet Evangile, tout comme celui de Matthieu d’ailleurs, est un évangile de l’ordre de la Découverte. Si l’on veut bien considérer que les évangiles ne sont pas des journaux intimes. Ce sont des textes qui ont été retravaillés par les évangélistes – retravaillés sérieusement ! Et sur un niveau purement scripturaire, c’est un éclatement patent de la Divinité du Christ, qui n’apparaît pas comme un simple homme (surtout à cause de l’Autorité soulignée par les Evangélistes, pour qui, après travail de leurs textes, se sont rendus à l’évidence : reconnaître qu’il ne s’agit pas là d’un simple homme).

    De la lecture, ou plutôt des trois relevés de l’hymne aux philippiens, deux points ne sont techniquement pas corrects. 1° Le fait d’affirmer que ‘avant son Incarnation, Jésus est bel et bien Dieu’ et ce, à partir du simple texte de philippiens n’est pas correcte… Ici, rien ne laisse entendre cela, si ce n’est une déduction – car concevoir Dieu sans préexistence est bien évidemment absurde. Ici, en philippiens, ce n’est pas aussi clair qu’en Jean I, 1. 2° Le fait de conclure, à partir du texte de Philippiens que le Christ s’est dépouillé de sa Divinité reste discutable, voire erronée, car le texte ne stipule point cela. Et cette interprétation vient se heurter à la Christologie johannique qui elle, refuse le dépouillement (le dépos, si on en suit ton interprétation, de la Divinité).

    Plus loin, citer les évangiles de Matthieu et de Marc pour montrer que Jésus était un simple homme, sans avoir pris en considération que ces évangiles sont des théologies de la Découverte sur l’Identité du Christ, est un encore un signe de la faiblesse de l’argumentation. Car, il serait bien évidemment assez fatal que le ‘Fils de l’Homme’ – puisque c’est Lui qui dit revenir, soit ignorant du Jour (Mt 24, 36), puisque justement c’est Lui-même qui envoie les Anges avec la trompette (Mt 14, 31)….

    Le cas de Actes 2, 22-24 est un cas spécifique, une christologie qui insiste vraisemblablement sur l’HOMME Jésus, à celà rien d’étonnant que qu’il soit dit Dieu agit à travers lui. Il y a cependant une autre christologie qui ressort du vocabulaire néo-testamentaire, c’est celle de Jésus-Dieu ! Evidemment, isoler une christologie (comme tu fais avec celle de Actes 2, 22-24) faisant complètement fi de l’autre, permet encore une fois d’arriver à une conclusion imcomplète et donc, fausse.

    Concerant Jean 8, 28-29, effectivement le Christ ne fait rien de lui-même. Mais, il est une chose encore une fois qui n’est pas souligné. S’il est vrai que le Christ ne fait rien de lui-même, il est tout autant vrai qu’il partage la Même Puissance que le Père – c’est effectivement le Père qui communique au Fils et ce, de toute éternité, et lui communique ainsi de manière pleine ! Ainsi, lorsqu’il agit, il n’agit pas à moitié – il agit de la même façon, avec la même Autorité qu’agirait le Père (La puissance du Père c’est celle du Fils)

    D’où le le passage de Jean 15, 5 qui semble d’ailleurs réfuter l thèse que tu essaies de montrer durant ton exposé. ‘Sans MOI, vous ne pouvez RIEN faire’ ! Il y aurait évidemment mille et une choses à dires sur ce « Moi » tant utilisé par le Seigneur Jésus dans les évangiles, ou encore les miracles tels que la tempête apaisée, la marche sur les eaux – non pas seulement ces miracles, mais la manière dont il rassure souvent les disciples : ‘Ne craignez rien, c’est Moi…’, des expressions qui rappellent bien évidemment celles de Yahvé de l’Ancien Testament…

    Bref, comme tu as dit que les articles se complètent au fil du temps, mieux vaut ne pas tirer de conclusions hâtives pour le moment et attendre la suite… Mais, il est évident que sur le plan purement scripturaire, il y aurait beaucoup, plsine de choses à dire, des points de vue – et surtout les théologies des évangélistes à reconsidérer…

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